THE CANADIAN PRESS Mélanie Joly.

OTTAWA — Le Bloc québécois essaie d’exploiter la controverse entourant la loi sur la neutralité religieuse à des fins de politique partisane, a accusé la ministre du Patrimoine canadien, Mélanie Joly.

C’est ce qu’elle a balancé jeudi en Chambre aux élus des banquettes bloquistes qui exhortaient le gouvernement libéral à se rallier à l’opinion des ministres québécois Marc Garneau et Jean-Yves Duclos.

«Je comprends que ma collègue soit très préoccupée par la question et fait de la politique avec cette question-là», a-t-elle répliqué à la députée Monique Pauzé lors de la période de questions.

«La réalité, c’est que notre position a toujours été claire: nous allons nous assurer de faire respecter la Charte des droits et libertés et en même temps, nous allons étudier l’application de la loi qui a été votée par l’Assemblée nationale», a conclu Mme Joly.

En mêlée de presse, peu avant, la ministre avait cependant maintenu dans son discours un élément qu’elle n’a pas dit en Chambre et qu’on n’entend plus de la bouche de Justin Trudeau: l’intention d’Ottawa de respecter le champ de compétence du Québec.

«On a toujours dit qu’on allait défendre la Charte des droits et libertés. En même temps, on a toujours dit aussi qu’on allait étudier l’application de la loi et respecter la juridiction du Québec», offrait-elle, assurant qu’il y avait «unanimité» à ce sujet au sein du cabinet.

Pendant ce temps, du côté de Burlington, en Ontario, le premier ministre canadien laissait de nouveau entendre qu’Ottawa pourrait contester, ou encore participer à une éventuelle contestation, de la loi québécoise.

«J’ai entendu très, très clairement de la part d’un grand nombre de Québécois qu’ils allaient contester cette mesure législative», a-t-il affirmé en point de presse.

«Le gouvernement fédéral continuera à faire son travail de défense des droits des personnes, et nous allons voir comment nous pourrions faire partie du processus si c’est approprié», a ajouté M. Trudeau.

La veille, au parlement, il tournait en dérision la sortie de la ministre de la Justice du Québec, Stéphanie Vallée, qui venait de passer une heure à fournir des précisions sur l’application de la loi

«Vous appelez ça des clarifications, vous?», avait-il persiflé avant la réunion de son caucus.

Un peu plus tôt cette semaine, les ministres Garneau et Duclos ainsi que le député montréalais Nicola Di Iorio ont insisté sur le fait que le gouvernement fédéral ne devrait pas se mêler des affaires de l’Assemblée nationale.

Ces sons discordants en provenance des rangs libéraux ne rassurent «pas du tout» le Bloc québécois. Le député Gabriel Ste-Marie veut être «rassuré par le premier ministre», réclamant de celui-ci «qu’il ferme la porte» à toute intervention devant les tribunaux.

L’élu a décliné l’invitation d’offrir son avis sur les fondements juridiques de la loi en tant que tel. «Nous, on ne défend pas du tout la loi. On défend le principe que Québec vote ses propres lois dans ses champs de compétence», a-t-il indiqué en point de presse.

De son côté, le député conservateur Maxime Bernier, grand pourfendeur de l’intrusion du fédéral dans les champs de compétence des provinces, n’a pas formulé d’opposition formelle à l’idée qu’Ottawa s’inscrive comme intervenant s’il y avait contestation judiciaire.

Seule condition: «Je ne veux pas que le gouvernement soit l’acteur principal de ce dossier-là. Les acteurs principaux devraient être les citoyens du Canada», a-t-il dit, invitant tout de même M. Trudeau à discuter avec Québec «au lieu de commencer à s’ingérer dans un dossier provincial».

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