(Photo: Pacophoto.ca) Jenny Charest, directrice du CAVAC

MONTRÉAL — Il n’y a pas que le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) qui reçoit un nombre inhabituel de dénonciations pour des agressions sexuelles: les organismes oeuvrant auprès des victimes constatent tous une augmentation marquée des appels reçus, depuis la vague de dénonciations provoquée par les plaintes contre Éric Salvail et Gilbert Rozon.

L’ensemble de ces organismes se sont regroupés, jeudi à Montréal, pour faire part aux victimes du vaste éventail de services qui leur sont offerts et les encourager à les utiliser.

Ils avaient pris soin d’inviter Marie-Claude Plourde, une victime d’agression sexuelle armée qui a expliqué comment l’aide qu’elle avait reçue, à partir des premiers policiers intervenus jusqu’au soutien psychosocial, lui avait permis de surmonter l’épreuve.

«Grâce à toute cette aide-là que j’ai eue derrière moi, je peux aujourd’hui dire que je ne suis pas une victime. Je ne suis plus une victime», a affirmé avec aplomb la jeune femme.

«Ce n’est pas en se taisant qu’on s’en sort, au contraire, c’est en profitant de ce soutien qui est autour de nous qu’on peut vraiment s’en sortir», a-t-elle ajouté.

La directrice générale du Centre d’aide aux victimes d’actes criminels (CAVAC) de Montréal, Jenny Charest, a raconté que, depuis une semaine et demie, son organisme reçoit environ 120 appels par jour, soit une cinquantaine de plus qu’à l’habitude. Les données à l’échelle provinciale du réseau des CAVACS, qui compte 16 bureaux et 169 points de service à travers la province, n’étaient toutefois pas encore disponibles, jeudi.

De son côté, la directrice du Centre pour les victimes d’agression sexuelle de Montréal (CVASM), Déby Trent, a aussi fait état d’un afflux sans précédent à la ligne ressource sans frais pour les victimes d’agression sexuelle, dont elle est responsable. «On a reçu 115 appels de personnes qui nous appellent pour la première fois suite à toute l’actualité qu’on a connue», a-t-elle dit.

Plusieurs de ces services sont méconnus, notamment le Criphase (Centre de ressources et d’intervention pour hommes abusés sexuellement dans leur enfance) et le GAIHST (Groupe d’aide et d’information sur le harcèlement sexuel au travail), dont la directrice générale, Yvonne Séguin, a tenu à rappeler que «s’il y a quelque chose que l’actualité nous démontre ces jours-ci, c’est que le harcèlement sexuel au travail, ça ne fait pas partie de la job».

«Les employeurs ne sont pas tous méchants, mais souvent ils ne savent pas quoi faire», a-t-elle ajouté en précisant que son organisme peut aussi venir en aide aux gestionnaires qui sont confrontés à ce problème dans leur entreprise.

D’autres organismes ont également tenu à rappeler leur existence, dont le regroupement des CALACS (Centres d’aide et de lutte contre les agressions à caractère sexuel).

«Ce n’est pas nécessaire de porter plainte pour avoir accès à nos services, a précisé la porte-parole des CALACS, Marlihan Lopez. Nos services sont gratuits et confidentiels et tout le processus se base sur une démarche volontaire des femmes.»

Par ailleurs, des représentantes de l’IVAC (Indemnisation des victimes d’actes criminels) et de la CNESST (Commission des normes, de la santé et de la sécurité du travail) ont également rappelé leur capacité d’intervenir dans ce genre de dossier et tant le SPVM que la Sûreté du Québec avaient aussi délégué des représentants afin de bien signaler leur soutien aux victimes.

Liste des organismes oeuvrant auprès des victimes d’agression ou de harcèlement sexuel

  • Ligne ressource provinciale sans frais pour les victimes d’agression sexuelle: 1-800-933-9007
  • Centre pour les victimes d’agression sexuelle de Montréal (CVASM): Ligne téléphonique d’urgence, 8h00 à minuit, 7 jours: 514-934-4504
  • Réseau des Centres d’aide aux victimes d’actes criminels (CAVAC): 1-866-LE-CAVAC (1-866-532-2822)
  • Regroupement des Centres d’aide et de lutte contre les agressions à caractère sexuel (CALACS): 1-877-717-5252
  • Centre de ressources et d’intervention pour hommes abusés sexuellement dans leur enfance (Criphase): 514-529-5567
  • Groupe d’aide et d’information sur le harcèlement sexuel au travail (GAIHST): 514-526-0789
  • Indemnisation des victimes d’actes criminels (IVAC ): 1-800-561-4822
  • Commission des normes, de l’équité, de la santé et de la sécurité du travail (CNESST) 1-844-838-0808

Aussi dans National :

Nous utilisons maintenant la plateforme de commentaires Facebook Comments sur notre site web. Grâce à celle-ci, vous pourrez laisser vos commentaires par l’entremise de votre compte Facebook directement sous les articles sur notre site web. Pour ceux qui ne sont pas membres du réseau social, nous vous invitons à faire vos commentaires via l’adresse courriel opinions@journalmetro.com. Merci de nous lire!