Josie Desmarais / Métro Manifestation des travailleuses en CPE le 30 octobre dernier.

MONTRÉAL — Alors que les travailleuses des Centres de la petite enfance syndiquées à la CSN ont annoncé qu’elles débraieront de nouveau, les 7 et 8 novembre prochain, celles de la CSQ viennent aussi de se doter d’un mandat de trois journées de grève.

Mais en entrevue avec La Presse canadienne, vendredi après-midi, le ministre de la Famille, Luc Fortin, a appelé tout ce beau monde à négocier et à négocier tout le week-end, s’il le faut, et lundi, jusqu’à un règlement.

«La grève ne me paraît pas justifiée», a lancé le ministre, qui affirme qu’à ses yeux, les discussions progressent et que les rapports qu’il en a font état d’une bonne ambiance de négociation. Il admet toutefois que les syndiquées ont le droit de grève et peuvent légalement l’exercer.

«Je tiens beaucoup à m’adresser aux parents du Québec, ceux dont les enfants sont dans les Centres de la petite enfance qui sont visés par le mandat de grève: nous, on travaille vraiment d’arrache-pied. Les prochaines heures, on va mettre beaucoup, beaucoup d’énergie pour en arriver à une entente pour qu’on puisse éviter cette grève-là la semaine prochaine, mais une entente qui va satisfaire l’ensemble des parties. Il faut toujours garder en tête qu’on représente également les contribuables», a affirmé le ministre.

CSQ

Dans le cas des 2500 syndiquées de la CSQ, il n’est toutefois pas encore question d’exercer ce mandat de trois journées de grève.

«Pour l’instant, on l’a dans nos poches. On va attendre les prochaines rencontres avant de voir jusqu’où on est capable de négocier avec le gouvernement avant de l’utiliser. Mais c’est sûr que si on a à l’utiliser, on va pouvoir l’utiliser pour faire avancer les choses le plus rapidement possible», a indiqué au cours d’une entrevue avec La Presse canadienne, vendredi, la présidente de la Fédération des intervenantes en petite enfance, affiliée à la CSQ, Valérie Grenon.

Fait à noter, si les travailleuses des CPE syndiquées à la CSQ choisissaient d’exercer leur mandat de grève, elles ne débraieraient pas en même temps que les syndiquées de la CSN. Elles feraient ce choix «pour bien nous distinguer et mettre une pression cumulative également», a spécifié Mme Grenon.

Les négociations avec la Centrale des syndicats du Québec ont été «au ralenti pendant quatre mois», mais elles viennent de recommencer cette semaine, a précisé Mme Grenon. Un «blitz de négociation de quatre jours» est prévu dans les deux prochaines semaines.

Comme dans le cas des 11 000 travailleuses des CPE syndiquées à la Confédération des syndicats nationaux, les points en litige portent sur la retraite, les salaires et les assurances collectives, entre autres.

Dans les deux cas, les conventions collectives sont échues depuis le 31 mars 2015.

Malgré tout, Mme Grenon se montre confiante. «Je crois sincèrement qu’on est capable de faire bouger le ministère pour la reconnaissance du travail de nos intervenantes en petite enfance. On est le premier maillon de l’éducation; il faut qu’il le reconnaisse.»

«Je suis très optimiste dans le principe qu’on va faire des avancées. Je suis optimiste parce qu’on a nos membres derrière nous qui veulent bouger, qui veulent être reconnues», a-t-elle ajouté.

À la FSSS-CSN

Pour ce qui est des travailleuses syndiquées à la Fédération de la santé et des services sociaux de la CSN, elles s’étaient dotées d’un mandat de six journées de grève à être exercées au moment jugé opportun. Elles ont débrayé durant une première journée, le 30 octobre.

Les discussions avaient d’ailleurs toujours cours vendredi, a-t-on confirmé à la CSN.

Malgré cette reprise des pourparlers, les syndiquées ont décidé d’accentuer la pression en utilisant deux autres journées de leur mandat de grève, mardi et mercredi, la semaine prochaine.

Et pour accentuer encore la pression sur le gouvernement, un rassemblement est prévu à Québec, mercredi.

Plus précisément, les principaux points en litige à la CSN portent sur l’âge de la retraite — que le gouvernement veut faire passer de 60 à 61 ans — la contribution au régime de retraite, les salaires, les assurances collectives, les disparités régionales (pour les régions éloignées) et l’appellation d’emploi.

Le ministre Fortin n’a pas voulu entrer dans le détail de la négociation, mais sur la question du régime de retraite, qui pose problème cette année, il a affirmé qu’il voulait surtout «assurer la pérennité du régime de retraite, au même titre qu’on l’a fait avec les employés du secteur public. Mais ça fait partie de l’espace de discussion», a-t-il indiqué.

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