Yuri Kadobnov Yuri Kadobnov / La Presse Canadienne

OTTAWA — Le Canada souhaite s’attaquer à la corruption et aux violations des droits de la personne en Russie, au Venezuela et au Soudan du Sud en imposant des sanctions ciblées contre 52 individus, dont le président vénézuélien Nicolas Maduro.

C’est la première fois que le gouvernement utilise la Loi sur la justice pour les victimes de dirigeants étrangers corrompus, aussi appelée la loi de Sergueï Magnitski, qui a été approuvée par le Parlement, il y a deux semaines.

La loi permet d’imposer des sanctions contre des individus que le gouvernement juge responsables — ou complices — de violations graves des droits de la personne reconnus internationalement ou de corruption importante.

La loi, qui est similaire à celles adoptées dans d’autres pays dont les États-Unis, fait référence au lanceur d’alerte russe, Sergueï Magnitski, qui est mort dans une prison de Moscou en 2009 après avoir accusé les autorités d’une fraude fiscale de 230 millions $.

Les premières sanctions en vertu de cette loi sont dirigées contre 30 individus liés à la Russie, 19 représentants vénézuéliens, dont M. Maduro, et trois individus Sud-Soudanais.

La loi prévoit le gel des avoirs que pourraient posséder ces gens au Canada et elle les empêche de venir au pays.

Les Russes visés par les sanctions sont liés à la fraude exposée par M. Magnitski et à la violation de ses droits juridiques et humains pendant son enquête et sa détention avant procès — dont les sévices psychologiques et physiques qui ont mené à son décès.

La loi de Sergueï Magnitski a été approuvée par tous les partis au Parlement, soulevant l’ire du président russe Vladimir Poutine, qui avait accusé le Canada de s’adonner à «un jeu politique non constructif».

L’ambassade russe au Canada avait déjà fait savoir que l’adoption unanime de la loi Magnitski à la Chambre des communes causerait un tort irréparable aux relations entre le Canada et la Russie.

Ces avertissements n’avaient pas impressionné la ministre des Affaires étrangères, qui avait salué ce nouvel outil pour sévir contre les contrevenants.

«Le Canada est résolu à protéger les droits de la personne et à lutter contre la corruption partout dans le monde», a déclaré la ministre Freeland dans un communiqué diffusé vendredi.

«L’annonce d’aujourd’hui envoie un message clair selon lequel le Canada prendra des mesures contre les individus qui ont profité d’actes de corruption à grande échelle ou qui ont pris part à des violations graves des droits de la personne.»

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