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Le Parti québécois (PQ) et Québec solidaire (QS) souhaitent qu’un véritable débat public soit engagé sur «l’éléphant dans la pièce», le financement des écoles privées et la sélection des élèves au public, qui cause de la «ségrégation scolaire».

Les députés Alexandre Cloutier et Gabriel Nadeau-Dubois ont exprimé leur appui mardi au mouvement L’école ensemble, qui souhaite mettre fin au financement public des écoles privées et à la sélection des élèves au public.

Environ 21% des élèves québécois fréquentent les écoles privées subventionnées et 20% des programmes sélectifs dans le secteur public, expose le coordonnateur de L’école ensemble, Stéphane Vigneault. «L’école ordinaire a un fardeau alourdi parce qu’on l’écrème de ses élèves les plus performants», a-t-il clamé. Ceci crée donc un clivage entre des écoles d’élèves performants et souvent issus de milieux favorisés et les autres issus de milieux plus modestes.

Le péquiste Alexandre Cloutier a rappelé que le Conseil supérieur de l’éducation a mentionné dans un rapport déposé l’an dernier que «l’école québécoise est la plus inégalitaire au Canada». «On se serait attendu que le gouvernement prenne ce problème à bras le corps après le dépôt du rapport, mais ce n’est pas le cas», a-t-il déploré, ajoutant qu’il souhaite «ouvrir un débat de société».

Le porte-parole de l’opposition officielle en matière d’éducation n’a toutefois pas voulu donner son appui aux propositions de L’école ensemble, disant que son parti souhaitait «revoir l’ensemble du financement des écoles».

Gabriel Nadeau-Dubois a, pour sa part, indiqué que QS partageait les revendications du groupe de M. Vigneault. «Sur quelle période de temps on diminue le financement? C’est une question qui reste ouverte», a-t-il ajouté. Le député de Gouin a exigé des «actions concrètes» du gouvernement pour mettre fin à ce qu’il qualifie de «grand malaise». «C’est inacceptable que des petits gars et petites filles, parce qu’on leur met une étiquette très tôt dans leur vie, n’ont pas la même chance de réussir», a-t-il dit.

Selon Stéphane Vigneault, les prochaines élections provinciales seront le meilleur endroit pour discuter de cet enjeu. Il s’est réjoui toutefois du soutien du PQ et de QS, ainsi que de la Commission scolaire de Montréal (CSDM), qui avait donné un appui unanime à leurs revendications à la fin septembre.

«J’ai déjà montré ma sensibilité sur le sujet de la composition des classes. Je ne veux pas d’une école unique pour tout le monde. Les projets particuliers sont des occasions multiples de réussir», a défendu le ministre de l’Éducation, Sébastien Proulx, à la sortie du lancement du projet de Lab-école. Ce projet mené par Ricardo Larrivée, Pierre Lavoie et Pierre Thibault vise à s’inspirer des meilleures pratiques pour réaliser «l’école du futur».

M. Proulx a rejeté l’idée de discuter de ségrégation scolaire en commission parlementaire, prétextant que ce n’est pas là «que se règlent les affaires». Il a toutefois ajouté que «ce n’est pas acceptable d’avoir une discrimination dans un programme d’école publique pour lequel il n’y a pas de prérequis», excluant les programmes comme le sports-études.

La CSDM en révision

La CSDM a appuyé les revendications de L’école ensemble dans une volonté de faire un «virage inclusif», a expliqué la commissaire scolaire dans Ville-Marie, Stéphanie Bellenger-Heng, qui a présenté la motion au conseil des commissaires en septembre.

La commission scolaire comprend pourtant plusieurs programmes particuliers pour lesquels des tests sont requis. «Nous sommes en train de réviser nos processus de sélection de nos écoles à vocation particulière, spécifie Mme Bellenger-Heng. Elles ne sont pas toutes inclusives, comme nous l’entendons institutionnellement.»

À l’Académie de Roberval, des parents d’élèves avaient dû passer la nuit devant l’école pour garantir une place à leur enfant qui n’avait pas obtenu parmi les meilleurs notes à l’examen d’admission. Stéphanie Bellenger-Heng favoriserait une processus de tirage au sort, comme c’est le cas à l’école Face, au centre-ville. «Il faut que les élèves aient un intérêt pour les arts, mais pas un savoir-faire. C’est un mode de fonctionnement plus équitable», a-t-elle estimé.

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