OTTAWA — La promesse du gouvernement Trudeau d’accueillir au Canada d’ici la fin de l’année 1200 réfugiés qui fuient la torture et la persécution en Irak est à portée de main, selon des responsables de l’immigration.

À la fin du mois d’octobre, 807 personnes originaires de l’Irak étaient arrivées au Canada, sur les 1383 ayant été sélectionnées pour réinstallation au Canada, et les dossiers restants sont en cours de traitement, ont indiqué mardi ces représentants devant un comité de la Chambre des communes.

Parmi les personnes déjà arrivées au pays, 81 pour cent sont des Yézidis, une minorité religieuse de l’Irak ciblée par les djihadistes qui sévissent dans ce pays.

En 2016, la Chambre des communes a adopté à l’unanimité une motion afin de désigner leur persécution comme un génocide et de s’engager à accorder l’asile aux femmes et aux filles yézidies.

En février dernier, le gouvernement fédéral s’était engagé à accueillir 1200 personnes d’ici la fin de 2017.

Les militants de Daech (le groupe armé État islamique) tentent d’éliminer la population yézidie depuis qu’ils ont pris le contrôle de plusieurs régions du nord de l’Irak en 2014.

Quelque 200 000 Yézidis ont dû fuir leur maison dans la foulée des combats entre les djihadistes, les forces irakiennes et les milices kurdes. Les femmes, les filles et les garçons yézidis ont été utilisés comme esclaves, alors que les hommes plus âgés ont été forcés de se convertir à l’islam, sans quoi ils auraient été tués.

«En raison des traumatismes importants que ces individus ont subis, dont la torture, la violence sexuelle, la mort de membres de leur famille devant eux, il doit y avoir une énorme quantité d’appuis psychosociaux qui devront être mis en place», a déclaré Dawn Edlund, une fonctionnaire au ministère de l’Immigration, de la Citoyenneté et des Réfugiés.

Trouver des interprètes

Les nouveaux arrivants yézidis se sont installés pour la plupart dans quatre villes — Winnipeg, Calgary, Toronto et London, en Ontario — parce qu’il y avait déjà des communautés yézidies pour les aider dans ces régions.

Parmi les principaux défis, il y a celui de trouver des interprètes qui peuvent parler la langue principale des Yézidis, le kurmanji.

Leur rétablissement a toutefois a été entravé par d’autres facteurs.

Les réfugiés ne sont généralement pas filtrés selon leur religion ou leur ethnie, et pour trouver les Yézidis en particulier, il fallait que ceux-ci s’identifient comme tels. Les Nations unies et d’autres organismes partenaires cherchaient aussi à trouver des candidats.

Selon la députée conservatrice Michelle Rempel, certains Yézidis ont reproché à l’ONU de les discriminer, parce que leurs employés dans la région sont musulmans et que selon eux, ils ne cherchent pas à les aider et ralentissent le processus.

De plus, seulement une petite proportion des Yézidis vivent dans les camps de réfugiés, où les Nations unies trouvent traditionnellement leurs candidats à réinstaller ailleurs.

Note aux lecteurs: Version corrigée. Il faut bien lire que 807 personnes originaires de l’Irak sont arrivées à la fin octobre sur les 1383 ayant été sélectionnées, et non que 1383 dossiers sont en cours de traitement comme il était précédemment.

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