Adrian Wyld Adrian Wyld / La Presse Canadienne

OTTAWA — La ministre de l’Environnement, Catherine McKenna, n’avait pas prévu interpeller un journaliste du site The Rebel la semaine dernière. Mais quand le reporter du média ultraconservateur lui a posé la première question lors d’un point de presse à Vancouver, sa frustration de se faire appeler «la Barbie du climat» par ce site a refait surface.

L’incident est survenu à la clôture d’une rencontre avec les ministres de l’Environnement des provinces. Mme McKenna a demandé à Christopher Wilson si lui et son média s’engageaient à ne plus utiliser ce surnom sexiste.

Elle a reconnu qu’il avait été un peu «maladroit» de soulever cet enjeu de cette manière, mais elle estimait qu’il était «très important» de le faire.

En entrevue avec La Presse canadienne, mardi, Mme McKenna a dit qu’elle était satisfaite d’avoir dénoncé The Rebel parce qu’elle espère que cela puisse inspirer d’autres femmes et filles à faire de même.

Depuis que l’incident est survenu, elle affirme avoir reçu plusieurs commentaires positifs.

Mme McKenna voudrait que The Rebel cesse de désigner toutes les femmes — et pas juste elle — par des surnoms sexistes.

«Il y a un groupe de personnes qui m’attaquent continuellement en raison de la couleur de mes cheveux, ou supposément le ton de ma voix, pour toutes sortes de raisons», a-t-elle déclaré.

«Il s’agit de s’assurer que les femmes et les filles puissent voir une place pour elles en politique et de reconnaître que ce n’est pas correct de rire des femmes en raison de leur apparence.»

L’étiquette de «Barbie du climat» lui a été collée par The Rebel presque aussitôt qu’elle a été nommée ministre de l’Environnement en novembre 2015.

Le surnom a gagné en notoriété en septembre lorsque le chef conservateur, Andrew Scheer, a été forcé de condamner son utilisation par l’un de ses députés.

Gerry Ritz avait écrit cette insulte sur Twitter dans les dernières semaines de sa carrière en tant que député. Devant le tollé, il avait été forcé de supprimer le message et de s’excuser.

Catherine McKenna a reçu l’appui de tous les partis tant à ce moment-là que la fin de semaine dernière. Des politiciens conservateurs, néo-démocrates et libéraux ont applaudi la ministre pour avoir interpellé le journaliste.

La députée conservatrice Michelle Rempel, qui a aussi été la cible de plusieurs insultes sexistes sur la toile, a partagé sur Twitter les commentaires les plus dégradants qu’elle a reçus. Elle dit que ses employés tiennent un décompte quotidien du nombre d’appels sexistes qu’ils reçoivent.

Pas un enjeu partisan
Mme Rempel souligne que le sexisme n’est pas propre à un parti ou un autre.

«Chaque parti a fait des stupidités sexistes. Essayer de le présenter comme un enjeu dans un parti ou un autre pour s’avantager fait partie du problème», a-t-elle écrit sur Twitter.

«Voir des gens défendre le surnom Barbie du climat plutôt que de s’opposer au modèle économique d’une taxe sur le carbone est révoltant.»

Pour sa part, la ministre McKenna a refusé de s’excuser sur le fait que les libéraux aient parlé de son surnom sexiste dans une lettre pour une collecte de fonds du Parti libéral.

La missive soulignait la nécessité d’amener plus de femmes en politique, ajoutant que les libéraux comprenaient ce besoin.

«Je ne vais pas m’excuser sur le fait que nous croyons au besoin d’appuyer plus de femmes en politique. C’est une priorité pour nous et cela inclut de les aider financièrement», a-t-elle soutenu.

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