Clement Allard / La Presse Canadienne Le ministre François Blais

QUÉBEC — Le comité qui s’est penché sur la possibilité d’instaurer un revenu minimum garanti au Québec a pondu un rapport «confus», a déploré le ministre de l’Emploi et de la Solidarité sociale, François Blais, mardi.

Le ministre, qui est lui-même un expert des questions d’aide sociale du temps où il enseignait à l’Université Laval, s’est dit déçu que le rapport comporte plusieurs «contradictions patentes».

«C’est assez difficile de s’y retrouver, a-t-il déclaré lors d’une mêlée de presse à l’Assemblée nationale. Ma déception vient du fait que le rapport est assez confus sur la trame de fond qu’est le revenu minimum garanti. Écoutez, ils ont dit que c’est une utopie inspirante, ensuite on dit: On en a déjà un au Québec.»

Lundi, le comité créé par le gouvernement en juin 2016 publiait un rapport étoffé contenant 23 recommandations pour améliorer l’aide sociale et bonifier de façon importante la prime au travail des bas salariés, à défaut d’instaurer un revenu minimum garanti.

Une allocation universelle causerait des «problèmes d’équité, d’incitation au travail et d’acceptabilité sociale», a conclu le comité.

Le rapport devait jeter les bases du troisième Plan de lutte contre la pauvreté et l’exclusion sociale du gouvernement cet automne.

Sans le rejeter complètement, le ministre Blais l’a durement critiqué, refusant de dire s’il allait retenir l’une ou l’autre des recommandations.

«Le plan de lutte que nous allons déposer est très ambitieux», s’est-il limité à dire, sans préciser la date du dépôt. Il a affirmé que son plan allait permettre à plus de 100 000 personnes de sortir de la pauvreté.

Dans son rapport, le comité d’experts a entre autres recommandé d’augmenter l’aide sociale de 472 $ par an pour une personne seule et de 311 $ par an pour un couple sans enfants.

Cette mesure, qui coûterait 86,4 millions $, viserait à assurer que le revenu d’une personne corresponde à 55 pour cent de la mesure du panier de consommation. Il se situe à l’heure actuelle à 52 pour cent pour une personne seule.

Le Parti québécois, Québec solidaire et le Collectif pour un Québec sans pauvreté l’ont tous qualifiée de «nettement insuffisante».

Par ailleurs, le comité a suggéré le versement automatique de certains crédits d’impôt, le paiement de différents soutiens au moyen d’un chèque unique, une couverture supplémentaire aux personnes faisant face à des «situations de transition» et ne pouvant se prévaloir de l’assistance sociale, la mise en place d’un programme d’aide temporaire ainsi que la création d’un compte personnel pour la transition et la formation.

Afin de «mieux récompenser» ceux qui quittent l’aide sociale pour intégrer le marché du travail, le comité a recommandé une «bonification majeure» d’un milliard par an de la prime au travail, destinée aux plus bas salariés.

La première étape viserait 441 000 ménages, soit 396 000 personnes seules et 45 000 couples sans enfant, pour un coût de 109 millions $.

Le ministre des Finances, Carlos Leitao, a pour sa part qualifié le rapport de «très important et très utile».

«Il va inspirer notre réflexion sur ces questions-là, notamment le plan de lutte contre la pauvreté», a-t-il dit.

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