DARRYL DYCK DARRYL DYCK / La Presse Canadienne

OTTAWA — Le nouvel engagement du Canada pour les opérations de maintien de la paix des Nations unies fait dire à certains observateurs internationaux que cela pourrait ne pas être suffisant pour accomplir un autre objectif majeur de la politique étrangère: décrocher éventuellement un siège au Conseil de sécurité des Nations unies.

Après avoir promis il y a un an de fournir aux opérations de paix de l’ONU jusqu’à 600 soldats et 150 policiers, le gouvernement Trudeau a annoncé cette semaine des plans pour une force rapide d’intervention de seulement 200 soldats, de même que pour les services de six hélicoptères et deux avions de transport, incluant le personnel nécessaire. On ignore encore où les Casques bleus canadiens seraient déployés.

Le rétablissement de la réputation du Canada comme un pays dévoué au maintien de la paix était un élément clé dans la plateforme libérale de politique étrangère durant la campagne électorale de 2015, dans le cadre d’un objectif plus large de se réengager auprès des institutions mondiales, particulièrement l’Organisation des Nations unies.

Le gouvernement compte aussi être candidat pour un siège temporaire de deux ans sur le puissant Conseil de sécurité à partir de 2021; pour ce faire, le pays se doit de gagner l’appui des deux tiers des 194 membres des Nations unies.

Toutefois, le grand nombre de votes en Afrique et en Asie — où il y a les besoins les plus pressants de Casques bleus — peut laisser croire que les libéraux ont nui à leurs chances.

Selon le décompte fait par John Trent, professeur de science politique à l’Université d’Ottawa à la retraite et rédacteur d’une série en cours de rapports qui examinent les relations du Canada avec l’ONU, le Canada a rejeté quatre requêtes majeures de l’ONU pour contribuer aux opérations de maintien de la paix au cours des deux dernières années. Les lieux les plus névralgiques sont en Afrique — par exemple le Mali, où 80 Casques bleus ont été tués depuis 2013, l’année de l’établissement d’une force onusienne de 12 000 membres pour contrer les combattants islamistes.

Le Canada a décliné l’occasion de fournir le commandant pour la mission, un rôle qui était perçu comme à propos étant donné la large population de langue française en Afrique de l’Ouest.

«Vous vous forgez une image, une réputation dans les Nations unies au fil des années, et elle est très difficile à bâtir et peut s’évaporer rapidement», a fait valoir M. Trent.

En s’attardant à la prochaine campagne du Canada pour un siège au Conseil de sécurité, avec comme rivaux l’Irlande et la Norvège, Ian Smillie, dont la longue carrière en développement international inclut la rédaction d’un rapport sur les liens entre les armes et les diamants en Afrique, a dit croire que les chiffres ne présagent pas un dénouement positif pour le Canada. L’Irlande compte 540 membres du personnel militaire engagés dans les opérations de maintien de la paix de l’ONU, comparativement à 68 pour le Canada.

L’autre rival du Canada pour un siège est la Norvège, qui ne compte que 69 Casques bleus.

Toutefois, la Norvège sort du lot sur un autre élément majeur pour les Nations unies: elle figure parmi une poignée de pays ayant respecté la cible de l’ONU pour les dépenses d’aide au développement — 0,7 pour cent du revenu national brut —, tandis que le Canada se situe en deçà de 0,3 pour cent.

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