Judi Bottoni

MÉXICO — Les délégations semblent avoir renoncé à aborder les sujets épineux au début de la nouvelle ronde des négociations sur l’Accord de libre-échange nord-américain (ALENA), la toute première depuis les séances acrimonieuses qui se sont déroulées il y a déjà plusieurs semaines.

Selon diverses sources, il serait étonnant que des contre-propositions importantes soient présentées au cours de ces discussions qui se sont amorcées samedi. Le Canada ne devrait pas répondre immédiatement aux revendications américaines sur les produits laitiers et les pièces automobiles.

Les discussions portant sur Buy America, la législation favorisant les entreprises américaines dans l’achat de produits et de services ne devraient pas progresser elles non plus, les États-Unis refusant de faire des concessions.

Des responsables canadiens disent s’attendre à des progrès dans les négociations portant sur des enjeux moins controversés. Ils espèrent conclure une entente sur ces sujets avant d’aborder les dossiers plus litigieux au cours des rondes suivantes. Le Canada, les États-Unis et le Mexique doivent poursuivre les négociations au moins jusqu’en mars prochain.

Selon une source, les progrès sont lents à se réaliser, ce qui, selon elle, n’est pas une mauvaise chose en soi.

Les délégations veulent faire baisser la pression après que les ministres de chaque pays, Chrystia Freeland, Robert Lighthizer et Ildefonso Guajardo ont débattu devant les journalistes lors de la conférence de presse concluant la ronde précédente. Les politiciens ont évité de se montrer aux présentes discussions, laissant les négociateurs professionnels travailler. L’échéance pour compléter les négociations a été repoussée jusqu’au printemps 2018. Le premier objectif était de conclure un accord d’ici la fin de l’année.

Le Canada et le Mexique commencent à démontrer une volonté de rechercher des compromis dans certains secteurs. Par exemple, les deux pays affirment qu’ils pourraient entrevoir une certaine forme de mécanisme de révision de l’accord à intervalles réguliers.

Les États-Unis réclamaient une clause «crépusculaire», qui mettrait fin à l’ALÉNA après cinq ans à moins que les trois pays signataires soient d’accord pour le prolonger.

Dans un rare signal de compromis potentiel du côté des États-Unis, la portion du document dévoilé vendredi sur cette clause évite de mentionner une menace de résiliation après cinq ans, et contient en fait une formulation qui serait beaucoup plus acceptable aux yeux du Canada et du Mexique.

Si les journalistes reviennent bredouilles de leur chasse aux nouvelles, un Canadien a attiré l’attention des médias mexicains: Jerry Dias. Le président du syndicat Unifor a participé vendredi à une conférence à laquelle participaient des travailleurs mexicains. Il a organisé ensuite un rassemblement à l’extérieur de l’hôtel où se déroulent les négociations. Il a parlé à des nombreux journalistes mexicains au sujet de la nécessité, selon lui, de mieux protéger les travailleurs de ce pays.

Plusieurs journaux ont publié samedi des articles et des photographies du rassemblement

«C’est formidable de voir que les revendications sur le travail et les salaires ont une telle visibilité dans les médias mexicains», a commenté M. Dias sur son compte Twitter.

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