Justin Tang Justin Tang / La Presse Canadienne

OTTAWA — Le premier ministre Justin Trudeau ne devrait pas être le seul à exprimer des regrets face à la discrimination infligée à la communauté LGBTQ par le passé, selon des militants qui demandent depuis longtemps des excuses au gouvernement pour ces années de persécution.

Lynne Gouliquer, une ancienne combattante qui a étudié l’histoire de la persécution dans l’armée et au sein du gouvernement fédéral, souhaite que les dirigeants des organismes responsables s’excusent avec le premier ministre Trudeau le 28 novembre prochain.

Elle a demandé à ce que ministre de la Défense Harjit Sajjan, le commissaire par intérim de la Gendarmerie royale du Canada (GRC) Daniel Dubeau, le Chef d’état-major de la défense Jonathan Vance, ainsi que le greffier du Conseil privé Michael Wernick soient à la Chambre des communes lorsque M. Trudeau fera son discours.

«Ce sont toutes des organisations qui ont perpétré la discrimination du passé contre la communauté LGBTQ», a affirmé Mme Gouliquer, qui est professeure adjointe à l’Université Laurentienne de Sudbury.

«Quand il s’agit d’excuses, bien que cela soit très important venant d’un premier ministre, avoir ces gens présents sera lourd de sens pour les gens contre qui cela a été perpétré.»

Les porte-parole du général Jonathan Vance et du greffier du Conseil privé Michael Wernick, ont dit que les deux hommes seraient à la Chambre des communes la semaine prochaine, tout comme MM. Sajjan et Dubeau.

Le discours de M. Trudeau sera suivi de déclarations des partis d’opposition.

Gary Kinsman, un autre sociologue à l’Université Laurentienne, a affirmé que la présence de ces dirigeants soulignera leur engagement à ne pas reproduire de telles erreurs à l’avenir.

«C’est vraiment important pour nous que ce ne soit pas simplement: « Oh, Justin Trudeau s’est excusé »», a-t-il soutenu.

«Les gens qui sont en ce moment en position d’autorité dans l’armée et dans la fonction publique s’engagent aussi face à ces excuses pour s’assurer que quelque chose comme cela ne se reproduise jamais.»

En plus de ces excuses, le gouvernement libéral prévoit présenter une loi d’ici la fin de l’année pour effacer tous les dossiers criminels de Canadiens reconnus coupables d’activités sexuelles consensuelles avec un partenaire de même sexe. Dans sa dernière mise à jour économique, le gouvernement a mis de côté 4 millions $ pour cette mesure.

Ces excuses ne viendront toutefois pas avec une compensation, un enjeu qui devrait être abordé dans le cadre d’actions collectives déposées au nom de gens qui ont perdu leur emploi dans l’armée et dans la fonction publique en raison de leur orientation sexuelle. Les actions collectives n’ont pas encore été autorisées par la cour.

Doug Eliott, un avocat de Toronto et militant homosexuel de longue date qui représente les plaignants, avait fait part d’un optimisme prudent sur la possibilité de conclure une entente à l’amiable avec le gouvernement.

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