Jacques Boissinot / La Presse Canadienne La vérificatrice générale, Guylaine Leclerc.

QUÉBEC — La vérificatrice générale dénonce le laxisme dont a fait preuve la Société immobilière du Québec (SIQ) lors de la vente de trois immeubles gouvernementaux en 2008.

Dans ce dossier, la SIQ a agi précipitamment, multipliant les erreurs de gestion, en effectuant notamment des concessions financières estimées à 18,6 millions $.

C’est ce qu’a conclu, dans un dossier accablant, la vérificatrice générale, Guylaine Leclerc, dans son rapport annuel 2017-2018 déposé à l’Assemblée nationale jeudi.

Québec a reconnu ses torts et promis de s’amender.

L’organisme, devenu depuis la Société québécoise des infrastructures (SQI) en 2013, a réagi par communiqué en affirmant qu’il était déterminé à récupérer les sommes en cause. Une équipe d’avocats s’affaire déjà à entreprendre les recours civils au moment opportun.

Le président du Conseil du trésor, Pierre Arcand, a abondé dans le même sens. «C’est inacceptable», a-t-il tranché en point de presse, en disant que sa «préoccupation majeure» consistait aussi à tenter «de récupérer les sommes de la fraude qui est alléguée».

Il a promis également de faire le nécessaire pour resserrer la gestion de la vente d’immeubles gouvernementaux à l’avenir, après s’être entretenu avec le président actuel de la SQI, Yves Ouellet.

Deux des immeubles en question étaient situés à Québec (édifice J.-A. Tardif et Place Québec) et le troisième à Montréal (500, boulevard René-Lévesque Ouest). Deux de ces immeubles avaient été achetés par un groupe dirigé par George Gantcheff.

Selon la vérificatrice, les règles élémentaires de saine gestion et de prudence n’ont pas été suivies lors de ces transactions immobilières, effectuées sous le gouvernement Charest.

En gros, dans le but de maintenir élevé le prix de vente des trois édifices en cause, la SIQ a fait des concessions financières estimées à 59,6 millions $, en plus d’accepter de rembourser les dépenses de réparations majeures. Les acheteurs ont quant à eux augmenté leur offre de 41 millions $, créant ainsi un écart de 18,6 millions $ par rapport à l’offre initiale.

Le conseil d’administration de la SIQ a autorisé la vente de ces immeubles sur la base d’informations erronées et insuffisantes, a-t-elle conclu après enquête.

Le processus de sélection retenu par la SIQ a eu pour effet de limiter le nombre d’acheteurs potentiels, et ce, «sans justification» aucune, écrit la vérificatrice.

De plus, la SIQ avait accepté d’ajouter une clause stipulant que les réparations majeures futures seraient à sa charge, sans jamais fixer de balises quant à l’importance et la valeur des travaux éventuellement requis.

Curieusement, les experts de la Société immobilière n’ont pas participé aux transactions douteuses, note la vérificatrice, en déplorant que l’expertise de l’organisme ait été ainsi, sans explication, mise de côté, avec les résultats que l’on connaît.

Plutôt, le dossier est demeuré entre les mains du président de la SIQ et de son vice-président, une pratique non orthodoxe.

Cette situation a accru «la vulnérabilité de la SIQ face aux demandes des acheteurs», peut-on lire dans le rapport.

Du début à la fin, Mme Leclerc estime qu’on assiste à un cas flagrant de mauvaise gestion des fonds publics. «Il y a eu définitivement une mauvaise gestion. Les saines pratiques de gestion n’ont définitivement pas été appliquées. Il y a eu imprudence. Il y a eu de l’information ou erronée ou manquante qui a été transmise à la Commission des finances publiques et au conseil d’administration. Alors, c’est une multitude d’erreurs ou d’activités qui ne sont pas acceptables», a-t-elle résumé en conférence de presse.

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