Andrew Vaughan/Archives La Presse Canadienne Le Chantier Davie

L’inquiétude règne chez Chantier Davie, où le syndicat craint pour 800 emplois alors que s’achève le travail sur un navire de ravitaillement destiné à la marine canadienne et que le carnet de commandes est mince.

Déjà, 113 personnes ont appris qu’elles perdaient leur gagne-pain et des centaines d’ouvriers risquent de se retrouver au chômage au cours des prochaines semaines puisqu’Ottawa ne planifie pas l’achat d’un autre navire de ravitaillement.

Aux yeux de la Confédération des syndicats nationaux (CSN), le gouvernement Trudeau doit agir rapidement et «donner le feu vert» à la construction de «l’Obélix» étant donné qu’approche la livraison de «l’Astérix».

«Si Ottawa ne fait pas une nouvelle annonce, il n’y a plus rien de majeur pour le chantier, a déploré vendredi le président par intérim de la Fédération de l’industrie manufacturière (CSN), Louis Bégin, au cours d’un entretien téléphonique. Sauf pour les gouvernements, il n’y a pas beaucoup d’entreprises qui passent des contrats pour des bateaux.»

Toutefois, Ashley Michnowski, l’attachée de presse de la ministre des Services publics et de l’Approvisionnement Carla Qualtrough, a fait savoir qu’Ottawa ne comptait pas acheter un nouveau navire de ravitaillement.

«Les besoins en approvisionnement pour la marine et la garde-côtière ont fait l’objet d’une étude en profondeur et font l’objet d’une planification à long terme, qui ne comprend pas de deuxième navire de ravitaillement», a-t-elle souligné, par courriel.

Davie, qui compte quelque 1300 employés, lorgne environ 12 milliards $ en contrats auprès d’Ottawa dans le secteur de la construction navale et l’entreprise doit obtenir sa part du gâteau, estime la CSN.

En raison de la pénurie de main-d’oeuvre dans des secteurs comme la soudure, des pertes d’emplois pourraient se traduire par un recul marqué de l’expertise au sein de Davie, qui a complété le contrat de l’Astérix dans un délai d’un peu plus de deux ans et en respectant le budget de 650 millions $.

«Au cours des cinq dernières années, l’entreprise a formé des travailleurs efficaces, a souligné le maire de Québec, Régis Labeaume, en conférence de presse. Sans ouvrage, les meilleurs éléments vont être perdus.»

Avec les besoins de la Marine royale canadienne, il est «impossible» qu’Ottawa n’ait pas de contrats à octroyer à la Davie, a-t-il ajouté. Autrement, cela signifierait qu’il n’y a «aucune volonté politique» au sein du gouvernement Trudeau, a ajouté M. Labeaume.

Plus tôt ce mois-ci, l’Assemblée nationale avait fait front commun pour inciter le fédéral à donner du travail au chantier maritime établi à Lévis afin de préserver les emplois.

La CSN a rappelé que Davie avait déjà été écartée il y a quelques années par le gouvernement conservateur de Stephen Harper, qui avait décidé de se tourner vers des chantiers de la Nouvelle-Écosse et de Vancouver pour octroyer la majeure partie de 33 milliards $ en contrats.

Mme Michnowski a rappelé que la Stratégie nationale de construction navale prévoyait une somme de 2 milliards $ pour d’autres projets individuels.

«Chantier Davie est admissible à participer à des projets de construction de petits navires — moins de 1000 tonnes — ainsi qu’à des travaux de réparation, de radoub et d’entretien de navires», a-t-elle souligné.

Mme Michnowski n’a toutefois pas précisé à quel moment ces contrats pourraient être octroyés.

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