THE CANADIAN PRESS Philippe Couillard.

QUÉBEC — Les libéraux de Philippe Couillard ont choisi de lancer une opération de séduction de la communauté anglophone à l’approche de la prochaine campagne électorale.

Ils font ce choix au moment même où les francophones désertent le Parti libéral du Québec (PLQ) comme jamais, tandis que les anglophones lui restent fidèles.

Le dernier sondage Léger-Le Devoir, publié fin octobre, indiquait que l’appui des francophones au PLQ atteignait un creux historique, à 21 pour cent. Le soutien traditionnel des non-francophones au PLQ demeure quant à lui bien solide à 60 pour cent.

N’empêche, le parti et le gouvernement multiplient les initiatives ces temps-ci pour courtiser le vote anglophone, depuis longtemps acquis.

Le cahier de résolutions du 33e congrès du parti, qui se déroule à Québec tout le week-end, fait une large place aux revendications des anglophones. À l’inverse, pas une seule résolution ne vise à confirmer et promouvoir le statut du français au Québec.

Une des résolutions adoptées samedi par les 1400 militants libéraux vise à forcer le gouvernement à analyser l’impact de tout nouveau projet de loi sur la communauté anglophone.

De plus, tout projet de loi, tout règlement et toute nouvelle politique devraient obligatoirement contenir «des dispositions» qui la concernent.

Pour se rapprocher encore plus de cette communauté, le premier ministre Philippe Couillard a nommé récemment une ministre, Kathleen Weil, chargée exclusivement des questions qui la touchent. La ministre a annoncé vendredi la création d’un Secrétariat destiné aux anglophones.

Samedi, la ministre Weil a indiqué que le gouvernement devait stimuler le sentiment d’appartenance des anglophones à la société québécoise.

«Le sentiment d’appartenance (au Québec) est faible chez les anglophones et chez les jeunes, surtout dans les régions», a commenté la ministre Weil, samedi matin, en marge des travaux du congrès, lors d’une mêlée de presse.

Cette situation l’inquiète, car «on veut que tout le monde se sente Québécois à part entière».

«Il faut travailler ce sentiment d’appartenance», a-t-elle ajouté, en convenant que le PLQ ne craignait pas de perdre le vote de cette communauté.

Elle dit vouloir mettre l’accent sur les services aux citoyens offerts en anglais, surtout en régions.

D’autres ministres ont renchéri pour considérer que le parti et le gouvernement devaient faire davantage pour séduire les Québécois s’exprimant dans la langue de Shakespeare.

Le ministre des Ressources naturelles, Pierre Moreau, dont la circonscription (Châteauguay) compte une forte minorité anglophone, a indiqué qu’il était «tout à fait normal que l’on puisse s’interroger sur les impacts que les décisions gouvernementales ont sur leur communauté».

La ministre de l’Économie, Dominique Anglade, s’est montrée enthousiaste de voir le gouvernement envoyer un «message fort» aux anglophones. Elle a dit que ces derniers devaient sentir qu’ils font partie de la société québécoise «de manière plus systématique».

Les anglophones ont besoin de «se sentir mieux appréciés» au Québec, se sentir mieux représentés dans toutes les sphères de la société, selon le ministre des Finances, Carlos Leitao.

«En tant qu’élus, notre devoir c’est de faciliter ce processus-là de meilleure intégration», a-t-il commenté, lors d’une mêlée de presse.

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