Josie Desmarais

OTTAWA — Des organismes musulmans et des militants pour les droits civils craignent que les minorités ethniques soient encore plus inquiétées aux frontières en vertu de changements envisagés par le gouvernement canadien pour généraliser davantage le précontrôle des voyageurs à destination des États-Unis.

Le précontrôle permet aux voyageurs de franchir les douanes américaines avant l’embarquement dans huit grands aéroports canadiens. Le gouvernement souhaite étendre cette pratique afin d’accélérer la circulation des personnes et des biens aux frontières. Le premier ministre Justin Trudeau a aussi déjà plaidé qu’il valait mieux être contrôlé au Canada, afin de jouir de la protection de la Charte canadienne des droits et libertés.

Le projet de loi C-23 du gouvernement libéral prévoit que les voyageurs pourraient s’exclure du précontrôle. Par contre, un agent américain pourrait toujours leur demander de s’identifier et d’expliquer pourquoi ils ne veulent pas se soumettre au précontrôle.

Le projet de loi du gouvernement est actuellement étudié par le Comité sénatorial permanent de la sécurité nationale et de la défense.

La Coalition pour la surveillance internationale des libertés civiles, l’Association canadienne des avocats musulmans, le Conseil national des musulmans canadiens et le syndicat International Longshore and Warehouse Union Canada souhaiteraient que le projet de loi soit modifié afin de protéger davantage les droits fondamentaux des Canadiens.

Ihsaan Gardee, directeur du Conseil national des musulmans canadiens, soutient que les musulmans et les citoyens issus d’autres minorités sont déjà davantage inquiétés lors du précontrôle au Canada.

Tim McSorley, de la Coalition pour la surveillance internationale des libertés civiles, à Ottawa, estime que les Canadiens ne devraient pas renoncer à des «protections essentielles» dans le seul but d’accélérer leur passage aux postes de contrôle américains.

Aussi dans National :

Nous utilisons maintenant la plateforme de commentaires Facebook Comments sur notre site web. Grâce à celle-ci, vous pourrez laisser vos commentaires par l’entremise de votre compte Facebook directement sous les articles sur notre site web. Pour ceux qui ne sont pas membres du réseau social, nous vous invitons à faire vos commentaires via l’adresse courriel opinions@journalmetro.com. Merci de nous lire!