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QUÉBEC — L’Assemblée nationale se défend d’avoir voulu agir «en catimini» en augmentant la rémunération des députés, dans le but de neutraliser les effets de changements fiscaux au fédéral.

Le vice-président de l’Assemblée, le député libéral François Ouimet, a ainsi tenté jeudi de mettre fin à un dérapage, selon ses mots, et de répondre aux attaques de Québec solidaire (QS), qui accusait les grands partis d’avoir voulu se voter une majoration par voie législative à toute vapeur, discrètement, avant la fin de la session parlementaire.

Rappelons qu’en vertu des règles du dernier budget fédéral, les allocations et les primes que touchent notamment les députés seront imposables à compter de 2019.

Pour les députés de l’Assemblée nationale, la baisse de revenus est estimée entre 5000 $ et 10 000 $, selon les cas.

Dans une conférence de presse sans précédent jeudi après-midi, M. Ouimet a dit que la commission qu’il présidait sur le travail des députés avait convenu d’adopter des correctifs. Les trois groupes parlementaires reconnus y étaient représentés, le Parti libéral (PLQ), le Parti québécois (PQ), la Coalition avenir Québec (CAQ), mais pas QS, parce qu’il n’a pas suffisamment de sièges pour être un groupe parlementaire reconnu.

Le vice-président de la Chambre et député de Marquette a plaidé que le comité a travaillé de façon «exemplaire» et voulait faire adopter la hausse de rémunération avant les élections d’octobre, pour la prochaine Législature, au nom du principe voulant que les élus ne se prononcent pas sur leur propre rémunération.

«Je suis attristé de voir que cela a dérapé au cours des 24 dernières heures, a-t-il affirmé. Je suis peiné de voir comment cela est sorti dans les médias.»

M. Ouimet a dit avoir discuté du projet avec tous les députés indépendants, sauf Pierre Paradis, ainsi qu’avec QS. Dans le document qui leur a tous été transmis, il était écrit qu’on voulait éviter que les élus statuent sur leurs conditions de travail, «donc catimini veut dire quoi? Je laisse Mme (Manon) Massé (de Québec solidaire) s’expliquer là-dessus».

Le vice-président a assuré qu’aucun député de quelque formation politique que ce soit, ni aucun député indépendant, n’avait revendiqué une augmentation de ses conditions de travail.

Quant au moment envisagé pour déposer l’éventuel projet de loi modifiant les primes et allocations, «tous les scénarios étaient envisageables», a évoqué M. Ouimet, en ajoutant qu’il n’avait pas le mandat de préparer la législation.

En point de presse plus tôt en journée, le leader parlementaire libéral, Jean-Marc Fournier, qui est maître du déroulement des travaux en Chambre, a pour sa part indiqué que le gouvernement n’avait pas l’intention de déposer une pièce législative pour majorer le traitement des élus, mais que ce sont les caquistes qui voulaient ces mesures.

La whip du PQ, la députée Carole Poirier, qui a participé aux travaux de la commission, a quant à elle affirmé que son parti trouvait que les choses allaient trop vite et qu’il fallait poursuivre la discussion.

La députée QS de Sainte-Marie-Saint-Jacques, Manon Massé, a dit que sa formation voulait revoir l’ensemble des privilèges des députés.

«En ne donnant pas notre consentement, on voulait s’assurer de faire ce débat sur la place publique, puisqu’il est d’intérêt public, a-t-elle dit en point de presse en matinée. À QS, on n’est pas contre diminuer le salaire s’il le faut. L’important, c’est de faire un tour réel du jardin et surtout pas derrière des portes closes en fin de session.»

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