Colin Perkel Colin Perkel / La Presse Canadienne

MISSISSAUGA, Ont. — La protection des droits des travailleurs est un objectif fondamental du Canada dans la renégociation de l’Accord de libre-échange nord-américain (ALÉNA) avec les États-Unis et le Mexique, a déclaré vendredi la ministre fédérale du Travail, Patty Hajdu, qui a fait ces commentaires après avoir rencontré des représentants syndicaux.

Mme Hajdu a affirmé que les syndicats appuyaient la démarche du gouvernement fédéral, qui souhaite imposer des mesures «progressistes» dans la nouvelle mouture de l’ALÉNA. Selon elle, il est crucial que les trois pays s’entendent sur les droits des travailleurs et leur importance dans le développement d’une économie en santé.

La lutte pour les droits des travailleurs est loin d’être pour la «vertu», a soutenu la ministre en entrevue avec La Presse canadienne. Elle consiste à assurer que les entreprises ne déménagent pas dans des pays où les travailleurs ne sont pas suffisamment protégés, a-t-elle indiqué.

La rencontre de vendredi a eu lieu quelques jours après un entretien entre le président américain, Donald Trump, et des républicains en faveur du libre-échange. Ces derniers ont exhorté M. Trump à ne pas retirer les États-Unis de l’ALÉNA.

La dernière ronde de négociations s’est conclue à Mexico à la fin du mois dernier avec peu de progrès, selon le propre aveu des négociateurs.

Les syndicats au Canada s’inquiètent depuis longtemps des bas salaires au Mexique et des lois sur les droits des travailleurs aux États-Unis. Le Canada a ratifié les huit conventions importantes de l’Organisation internationale du travail et, dans ses propositions pour l’ALÉNA, le gouvernement canadien réclame que les deux pays lui emboîtent le pas.

Alors que le Mexique n’a pas dit un «non» catégorique concernant ces conventions, les États-Unis semblent y être résolument opposés.

Patty Hajdu estime que le droit de former un syndicat et de négocier collectivement est fondamental pour les travailleurs, car selon elle, un mouvement syndical fort est lié à une classe moyenne prospère. Le Canada prévoit rester ferme sur sa demande d’améliorer l’entente commerciale.

«Nous nous attendons à ce que cette (entente) soit meilleure que ce que nous avons obtenu dans l’accord initial de l’ALÉNA», a-t-elle souligné.

«Nous ne reculerons pas et nous n’accepterons pas une entente qui ne protège pas les droits du Canada et cela comprend la protection de notre mouvement syndical, la protection de nos travailleurs.»

Parmi ceux qui étaient présents à la rencontre de vendredi figuraient Unifor et le Syndicat canadien de la fonction publique ainsi que le Congrès du travail du Canada.

Les groupes étaient ravis que Mme Hajdu prenne de son temps pour les rencontrer, a soutenu Steven Martin, de la section locale 353 de la Fraternité internationale des ouvriers de l’électricité, qui avait organisé l’événement.

«C’était très rassurant de voir que le gouvernement interroge le secteur du travail au sujet des enjeux liés au travail et de ses opinions», a-t-il affirmé. Ce n’est pas seulement une question de salaire. Cela a aussi rapport avec les différences dans les normes du travail. Le nivellement par le bas n’est pas la solution.»

Les négociations sur l’ALÉNA reprennent à Washington la semaine prochaine après plusieurs rondes durant lesquelles les demandes du Canada en matière de travail ont fait partie des obstacles à la conclusion d’une entente, obstacles qui restent encore à surmonter.

Les négociations se poursuivront ensuite à Montréal en janvier.

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