Paul Chiasson/La Presse canadienne

De l’attentat de Québec au score historique du Front national en France, l’année 2017 dans les médias a été marquée par l’intolérance, estime Influence Communication dans son bilan annuel.

Le populisme fait du bruit

«L’an dernier, une importante proportion du contenu médiatique était basé sur le vecteur de la peur. En 2017, on a remarqué un accroissement du discours populiste», explique le président et fondateur d’Influence Communication, Jean-François Dumas. Il nomme, entre autres, les commentaires «étranges» sur l’immigration et les communautés culturelles et une couverture accrue de tous les propos de Donald Trump.

Le poids des nouvelles internationales dans les médias québécois est passé de 4,09% en 2016 à 6,17% cette année. «Cependant 85% des nouvelles internationales ont porté sur ou mentionné Donald Trump, nuance M. Dumas. Il est en train de créer un phénomène de bruit médiatique semblable au Canadien de Montréal, pour lequel 90% de ce qui se dit est du bruit et non de la nouvelle : Qui va être dans les buts ce soir? Qui joue sur le premier trio? Et 85% de ce qui se dit sur Donald Trump c’est aussi ça, comme du commentaire sur son dernier tweet.»

Donald Trump est d’ailleurs la personnalité la plus couverte au Québec avec 3,72% de poids médias, bien devant Justin Trudeau à 1,9%.

 

L’extrême droite fait les manchettes

La couverture des groupes d’extrême droite au Québec a fait un bond spectaculaire de 588% entre 2016 et 2017, rapporte Influence Communication, et tout cela découle de questionnements suscités par l’attentat de Québec. «Les groupes d’extrêmes vivent beaucoup en fonction de leur visibilité. Plus on leur accorde de l’attention, plus ça suscite de l’intérêt. C’est donc inquiétant parce qu’il y a un effet d’entraînement», juge Jean-François Dumas. Si l’attentat de Québec a été un déclencheur, la vague de demandeurs d’asile et les événements de Charlottesville ont contribué à entretenir la tendance.

Même à l’étranger, l’attentat et les relations avec les communautés culturelles au Québec ont attiré l’attention, ce qui a eu pour effet de dévier une «couverture bonbon» des attraits touristiques et culturels du Québec vers des faits divers et des questions d’immigration.

L’intolérance qui a du bon

Selon le président d’Influence Communication, Jean-François Dumas, «l’intolérance sous toutes ses formes est devenue une valeur importante». «Ce n’est pas toujours négatif. On est devenu moins tolérant à l’égard de l’intimidation ou du harcèlement sexuel», souligne-t-il.

La vague de dénonciation d’inconduites sexuelles a d’ailleurs été la quatrième nouvelle en importance cette année au Québec, derrière l’attentat de Québec, les inondations et les élections municipales. «On pourrait se dire que c’est bien parce que dénoncer le harcèlement fait avancer la cause des femmes, indique M. Dumas. Ceci étant dit, dans le top 50 des gens les plus médiatisés l’an dernier il y avait huit femmes et cette année il n’y en a que deux : Hillary Clinton et Valérie Plante. Mais il y a 30 joueurs de hockey.»

Toujours le sport

  • Les sports ont encore une fois été le grand thème le plus traité par les médias cette année, avec 17,23% de la couverture médiatique.
  • Victime de ses mauvaises performances sur la glace, le Canadien de Montréal a toutefois perdu près de 15% de son poids dans les pages sportives, passant de 72 à 57%, son pire score depuis 2008.

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