FRED CHARTRAND FRED CHARTRAND / La Presse Canadienne

OTTAWA — Le gouvernement Trudeau ajoute une nouvelle exigence dans les appels d’offres pour les grands contrats d’approvisionnement: Ottawa tiendra compte dorénavant de l’impact général du soumissionnaire sur l’économie canadienne.

Le gouvernement fédéral a aussi annoncé mardi qu’il lançait un appel d’offres en bonne et due forme pour remplacer les CF-18 vieillissants par 88 nouveaux avions de chasse, une décision qui survient en plein différend commercial entre Bombardier et le géant américain Boeing.

Le constructeur américain était jusqu’ici impatient de proposer ses avions Super Hornet à l’armée canadienne pour remplacer les CF-18, un contrat qui pourrait s’élever à 19 milliards $. Boeing affirmait être en mesure de livrer ses avions en 2025. Mais le changement annoncé mardi par Ottawa sur les appels d’offres pourrait avoir un impact sur Boeing si le conflit commercial avec Bombardier devait se poursuivre. Le gouvernement canadien pourrait effectivement déterminer que ce différend nuit aux intérêts économiques du pays.

«Notre gouvernement estime qu’il est important d’optimiser les impacts sur l’économie canadienne», a expliqué mardi la ministre des Services publics et de l’Approvisionnement, Carla Qualtrough, en conférence de presse à Ottawa. «Les soumissions seront rigoureusement évaluées en fonction des coûts, des exigences techniques et des avantages économiques» pour les Canadiens. «Les soumissionnaires qui nuiraient aux intérêts économiques du Canada seraient nettement désavantagées», a-t-elle prévenu.

Le ministre des Transports, Marc Garneau, aussi présent à la conférence de presse, mardi, a précisé que cette nouvelle exigence sur les appels d’offres s’appliquera à d’autres contrats d’approvisionnement du gouvernement fédéral. «C’est dans l’intérêt national et pour des raisons économiques que nous avons décidé de mettre ça en place, et c’est une politique qui sera adoptée pour d’autres contrats également.»

Avions d’occasion australiens

Le ministre de la Défense nationale, Harjit Sajjan, a par ailleurs annoncé que son gouvernement avait finalement opté pour l’achat de 88 chasseurs, alors que le gouvernement conservateur prévoyait acheter 65 nouveaux appareils.

«À l’issue d’une vaste consultation et après une analyse approfondie, dans le cadre de l’Examen de la politique de défense, il est devenu évident qu’une flotte de 88 avions était nécessaire pour respecter les obligations du Canada aussi bien envers le NORAD qu’envers l’OTAN», a estimé le ministre Sajjan. «Notre gouvernement ne fera pas de gestion de risque avec nos engagements en matière de défense.»

Par ailleurs, les libéraux de Justin Trudeau ont officiellement renoncé à acquérir 18 chasseurs Super Hornet, de Boeing, afin d’appuyer temporairement l’armée de l’air en attendant l’appel d’offres et la livraison des 88 nouveaux chasseurs. Le gouvernement canadien prévoit plutôt acheter 18 avions F-18 d’occasion en Australie.

«Nous avons reçu une offre du gouvernement australien pour la vente de F-18, que nous envisageons sérieusement, et une offre du gouvernement américain pour des Super Hornet, que nous avons l’intention de laisser tomber», a confirmé mardi la ministre Qualtrough.

Lors d’une séance d’information, des hauts fonctionnaires ont soutenu mardi que l’acquisition des appareils australiens n’était pas encore tout à fait ficelée, mais que ces avions d’occasion coûteraient bien moins cher que les Super Hornet neufs de Boeing, et qu’ils pourraient être déployés deux ans plus tôt.

Le ministre de la Défense a précisé de son côté que puisque l’armée de l’air canadienne possède déjà sa version des F-18, «la chaîne d’approvisionnement (pour les pièces) et les services d’entretien de ces appareils sont déjà bien en place».

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