MONTRÉAL — L’ex-entraîneur de ski Bertrand Charest devra attendre avant de savoir s’il sera remis en liberté d’ici au jugement sur l’appel de son verdict de culpabilité.

Le juge Martin Vauclair, de la Cour d’appel, a entendu sa demande jeudi matin à Montréal et a pris la cause en délibéré.

Les avocats de Bertrand Charest ont aussi fait savoir en Cour qu’il allait en appeler de sa peine de 12 ans de prison.

L’ancien entraîneur de l’équipe canadienne junior de ski alpin féminine avait initialement été accusé d’agression sexuelle et d’abus de confiance de 12 athlètes, âgées entre 12 et 18 ans, alors qu’il était en position d’autorité. En juin dernier, il a été reconnu coupable de 37 des 57 chefs d’accusation, pour des actes posés sur neuf des athlètes dans les années 1990.

Les avocats de Charest ont notamment plaidé qu’il avait de sérieux motifs d’appel du verdict de culpabilité. Ils estiment qu’il a de très bonnes chances d’être acquitté, ou d’avoir un nouveau procès. S’il est acquitté, il serait déraisonnable qu’il ait passé tous ces mois de plus en prison, alors qu’il en a déjà purgé l’équivalent de près de 50.

Bertrand Charest conteste notamment sa condamnation sur le chef d’agression sexuelle causant des lésions sur une jeune fille de 15 ans. Celle-ci a eu des relations sexuelles avec Bertrand Charest et a subi un avortement. Or, rien ne relie Bertrand Charest à la grossesse, car aucune preuve n’a été offerte à l’effet qu’il était son seul partenaire sexuel, font valoir ses procureurs.

«Il y a une absence de preuve entre l’agression sexuelle et les blessures», a dit au juge l’un de ses avocats, Me Louis Nicholas Coupal.

Par ailleurs, il a indiqué que le rapport présentenciel — déposé par la poursuite — notait que le risque de récidive était très faible.

De plus, Charest offre de respecter des conditions de remise en liberté qui permettent au public de conserver sa confiance envers le système judiciaire, fait valoir Me Antonio Cabral, son autre procureur.

Il propose le dépôt d’une somme de 50 000 $ en tant que caution, un engagement de 50 000 $ sur sa propriété, de se rapporter régulièrement à un poste de la Sûreté du Québec, d’observer un couvre-feu, de ne pas travailler comme entraîneur et de ne pas fréquenter de parcs ni d’écoles.

La poursuite s’oppose à sa remise en liberté.

Elle a fait valoir entre autres la gravité des crimes pour lesquels il a été condamné et les graves conséquences pour ses jeunes victimes: «Il a brisé leur confiance pour assouvir ses pulsions sexuelles», a rappelé Me Maxime Lacoursière pour le ministère public.

Il a aussi fait valoir que Charest avait été incarcéré pendant les procédures judiciaires en Cour du Québec.

Et que s’est-il passé depuis? «Il a perdu la présomption d’innocence» avec le verdict de culpabilité et a reçu une lourde peine. «Sa situation ne s’est pas améliorée», a-t-il ajouté.

«Ça ne milite pas pour la remise en liberté», a tranché Me Lacoursière.

Le juge Vauclair a indiqué qu’il allait rendre sa décision rapidement, peut-être même vendredi.

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