FREDERICTON — Le gouvernement du Nouveau-Brunswick a dévoilé jeudi le système de tarification du carbone qu’il a choisi pour répondre aux exigences fédérales: il réallouera à la lutte contre les changements climatiques une partie de la taxe provinciale existante sur l’essence et le diesel.

Ottawa a demandé aux provinces de prélever dès l’an prochain l’équivalent de 10 $ la tonne de gaz carbonique émis, un tarif qui devra ensuite augmenter de 10 $ par année pour atteindre 50 $ la tonne en 2022.

Le ministre de l’Environnement du Nouveau-Brunswick a annoncé jeudi que son gouvernement avait préféré réallouer à un fonds de lutte contre les changements climatiques une partie de la taxe provinciale déjà perçue sur les carburants, plutôt que d’augmenter le prix à la pompe en ajoutant une nouvelle «taxe sur le carbone».

Serge Rousselle a ainsi précisé que 2,3 cents de la taxe provinciale de 15,5 cents le litre d’essence seront réalloués à ce fonds l’an prochain, et que cette allocation atteindra 11,64 cents le litre en 2022. La part réallouée de la taxe sur le diesel sera légèrement supérieure.

Le gouvernement espère ainsi verser à ce fonds de lutte contre les changements climatiques 37 millions $ en 2018, une enveloppe qui devrait atteindre 180 millions $ en 2022, lorsque de nouvelles normes d’efficacité seront imposées aux grands émetteurs industriels.

Le Conseil de conservation du Nouveau-Brunswick a aussitôt déploré, jeudi, qu’en choisissant cette formule, le gouvernement n’offre aucun incitatif pour réduire la consommation de carburant et modifier les comportements des consommateurs.

Le ministre Rousselle a promis que son gouvernement annoncera éventuellement de tels incitatifs pour réduire la consommation et adopter des carburants plus propres.

Le Québec et l’Ontario ont opté pour un système de tarification du carbone fondé sur le plafonnement et l’échange de droits d’émission — communément appelé «bourse du carbone». L’Alberta et la Colombie-Britannique ont plutôt opté pour une «taxe sur le carbone».

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