Une Inuite de 26 ans qui souffre d’une insuffisance hépatique grave pourrait finalement être inscrite sur une liste d’attente pour un don d’organe même si elle n’a pas renoncé à l’alcool pendant au moins six mois.

Selon ses proches, Delilah Saunders avait appris des médecins qu’elle ne pourrait pas être inscrite sur la liste d’attente en Ontario parce qu’elle n’avait pas été sobre depuis au moins six mois. Sa famille, au Labrador, avait alors lancé une campagne pour faire annuler cette décision.

Le frère de cette militante pour les droits des Autochtones a finalement indiqué vendredi que Mme Saunders avait été transférée jeudi soir de l’Hôpital d’Ottawa vers un établissement du Centre hospitalier universitaire de Toronto, où son dossier est évalué et où elle subit des tests au service des transplantations.

Delilah Saunders avait été admise à l’Hôpital d’Ottawa samedi dernier pour une insuffisance hépatique grave. Son frère Garrett a indiqué qu’elle semblait maintenant prendre un peu de mieux et que les médecins évaluaient aussi la capacité de son foie à se rétablir.

Les spécialistes de la transplantation avaient soutenu que la politique d’abstinence d’alcool pendant six mois est généralement reconnue dans le milieu médical au Canada et ailleurs dans le monde. On explique que selon des recherches, certains greffés du foie recommenceraient à boire après la transplantation.

Sans commenter le cas spécifique de Mme Saunders, le docteur Atul Humar, directeur de la clinique de transplantation au Centre hospitalier universitaire de Toronto, explique que jusqu’à 30 pour cent des patients qui sont sur la liste d’attente pour une greffe du foie mourront avant de recevoir un nouvel organe. Cette pénurie de donneurs a donc poussé les médecins à exiger des receveurs potentiels qu’ils arrêtent de boire, explique-t-il.

Par ailleurs, le docteur Humar rappelle que le foie est un organe résilient: si le patient arrête de boire avant la transplantation, l’organe peut se rétablir suffisamment pour rendre la greffe superflue.

Garrett Saunders soutient que sa soeur a pu demeurer sobre pendant quatre mois, avant de connaître une rechute à la suite de son difficile témoignage à l’Enquête nationale sur les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées.

Amnistie internationale a pris fait et cause pour Mme Saunders, en saluant sa contribution à la défense des droits des femmes autochtones. Delilah Saunders avait commencé à militer à la suite de l’assassinat de sa soeur Loretta en 2014 à Halifax.

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