Judi Bottoni Judi Bottoni / The Associated Press

WASHINGTON — Les négociateurs de la nouvelle mouture de l’Accord de libre-échange nord-américain (ALÉNA) sont repartis à la maison pour les Fêtes, vendredi, sans avoir complété de chapitre et se préparent à une nouvelle année de pourparlers qui s’annoncent intenses.

Les représentants du Canada, du Mexique et des États-Unis ont conclu une semaine de négociations à Washington sans annoncer un accord sur quoi que ce soit, se contentant de dire qu’ils avaient accompli des progrès graduels dans cette tâche titanesque.

Parmi les nombreux défis auxquels ils se heurtent, il y a de nouvelles statistiques qui démontrent l’anxiété des milieux d’affaires sur l’ALÉNA, les menaces répétées du président Donald Trump de se retirer de l’accord, et les contraintes de l’horaire politique.

Selon l’horaire actuel des négociations, elles doivent se conclure en mars. Or, il est difficile de prédire la suite: le Mexique et les États-Unis seront en pleine campagne électorale, pour la présidence au Mexique et le Congrès aux États-Unis.

Les différents négociateurs se sont rencontrés cette semaine à un hôtel de Washington afin de régler certains enjeux moins litigieux pour réserver les prochaines rondes aux sujets les plus difficiles: l’automobile, l’agriculture, la clause Buy American, et le système de règlement des différends.

La prochaine rencontre est prévue à Montréal le 23 janvier.

«C’était vraiment comme une négociation commerciale», a témoigné un représentant canadien.

«C’était des négociateurs commerciaux qui faisaient du travail (…) technique, inintéressant, mais qui doit être fait.»

Bien qu’aucun chapitre ne se soit conclu cette semaine, il a mentionné des progrès dans les télécommunications, la réglementation environnementale et sur une annexe consacrée aux normes de performance énergétique.

Il y a aussi des discussions qui commencent pour trouver des solutions aux enjeux litigieux.

Après des négociations initiales marquées par l’acrimonie, des acteurs de différents milieux et des représentants du gouvernement ont commencé à discuter de manières pour détourner les impasses suscitées par les demandes des Américains qui sont jugées irrecevables par les autres pays.

Un exemple concret: les pièces de voitures. L’équipe canadienne réfléchit à l’idée d’une nouvelle formule pour déterminer ce qui constituerait un véhicule nord-américain sans tarif douanier. Elle comprendrait la valeur globale de nouvelles technologies des voitures, dont des systèmes informatiques, l’automatisation, les technologies pour l’efficacité énergétique et les matériaux ultralégers.

Cette approche avantagerait les technologies à la fine pointe, donc les États-Unis, où cette industrie est florissante. Mais cette proposition est plus flexible que l’idée des Américains qui consisterait à avoir des exigences de contenu américain sur les voitures.

Les représentants canadiens disent qu’aucune proposition formelle n’a été faite par les États-Unis encore. Mais le négociateur en chef, Steve Verheul, a récemment dit à des parlementaires à Ottawa qu’il avait l’intention de questionner ses homologues américains sur leurs objectifs quant au secteur automobile et les différentes avenues qui pourraient être envisagées pour y arriver.

Le Mexique a également présenté une contre-proposition à une autre suggestion américaine controversée: la clause crépusculaire qui prévoirait la fin de l’ALÉNA dans cinq ans, sauf si tous les pays s’entendent pour le prolonger. L’idée du Mexique, qui est appuyée par le Canada, consiste à inclure une manière de réévaluer les progrès de l’accord aux deux ou trois ans, mais sans la clause d’annulation.

Vendredi, le milieu des affaires a envoyé un nouveau signal d’inquiétude sur l’incertitude liée à l’ALÉNA.

Un rapport d’Exportation et développement Canada indique que près du quart des exportateurs canadiens se sentaient affectés négativement par les négociations de l’ALÉNA. Parmi ceux-ci, 14 pour cent ont reporté un investissement, 26 pour cent envisageaient de déménager certaines activités aux États-Unis et 23 pour cent voulaient diversifier leurs activités à l’extérieur de l’Amérique du Nord.

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