OTTAWA — L’intention du gouvernement libéral d’élargir les pouvoirs du Centre de la sécurité des télécommunications (CST) pour lui permettre de contrer activement les menaces à la cybersécurité du Canada pourrait piétiner certaines libertés civiles, prévient une nouvelle étude.

Le document rédigé par des experts canadiens de la cybersécurité estime que rien ne justifie d’accroître le mandat de cette agence fédérale peu connue pour lui permettre de passer à l’attaque.

Les experts sont d’avis que le gouvernement libéral n’a pas démontré que le CST a besoin de tels pouvoirs, ou encore que cela accentuera la sécurité des Canadiens.

Le document de 71 pages a été préparé par des experts de l’Université d’Ottawa et de l’Université de Toronto. Il doit être rendu public au cours des prochaines heures et formule 45 recommandations pour protéger la vie privée et les droits de la personne.

Le CST utilise des technologies de pointe pour intercepter et analyser les communications étrangères à la recherche de renseignements qui pourraient intéresser le gouvernement fédéral. L’agence est membre du «Groupe des cinq» qui réunit le Canada, les États-Unis, le Royaume-Uni, l’Australie et la Nouvelle-Zélande.

Le gouvernement libéral veut autoriser le CST à procéder à des actes de cyberespionnage et d’autres activités clandestines. L’agence aurait dorénavant le pouvoir d’interférer avec les capacités, les intentions ou les activités d’un individu, d’un État, d’une organisation ou d’un groupe terroriste étranger, en ce qui concerne les affaires internationales, la défense et la sécurité.

Tout cela reste toutefois vague et la cible du CST ne doit pas nécessairement représenter une menace directe à la sécurité canadienne, selon le rapport.

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