Ryan Heavy Hand aide les Premières nations à récupérer des objets sacrés exposés dans des musées depuis des années, mais il n’avait jamais encore reçu d’appel comme celui d’un certain musée de l’Oregon.

L’institution possédait un ballot de castor («beaver bundle»), une installation cérémonielle reconnue comme l’un des objets les plus sacrés de la Confédération des Pieds-Noirs.

La plupart des institutions sont réticentes à se départir de tels items, mais pas celle-ci.

La direction du musée a appelé directement la communauté autochtone de l’Alberta pour demander simplement si quelqu’un pouvait passer chercher l’objet en question.

L’interlocuteur au bout du fil aurait raconté que des employés auraient entendu des cris d’animaux dans le local où était entreposé le ballot.

Les Premières nations tentent de récupérer leurs objets sacrés depuis des décennies. Des masques, des pipes, des coiffes et des centaines d’autres objets ont quitté les collections de musées urbains pour retourner sur les terres où ils ont été fabriqués.

Une libération qui permet à ces outils sacrés de remplir à nouveau la fonction pour laquelle ils ont été créés. Plusieurs objets ont repris leur rôle au cœur de la culture autochtone de leur nation.

«Ils ont définitivement ravivé de nombreuses personnes», affirme Jerry Potts, un aîné de la nation Piikani dans le sud de l’Alberta qui a participé à plusieurs démarches de rapatriement d’objets sacrés.

«Il y a des objets redonnés par des universités et d’autres collections de partout qui sont de retour dans les communautés et qui ont retrouvé leur usage», raconte-t-il.

Le mouvement de rapatriement a commencé dans les années 1970, initié par de jeunes Autochtones qui souhaitaient renouer avec les cérémonies et les traditions de leur culture avant que les aînés ne disparaissent.

Plusieurs de ces rituels nécessitaient la présence d’un objet unique et ces objets étaient tous dans des musées, des universités ou des collections privées.

Récupérer ces pièces sacrées a été tout un défi reconnaît Ryan Heavy Hand.

En 1994, il a écrit des lettres à 4000 musées pour leur demander s’ils possédaient des artéfacts de la Confédération des Pieds-Noirs. Près de 200 réponses positives lui ont été envoyées.

«Il y avait plusieurs milliers d’items, tous les plus grands musées du Canada ont de nombreux objets sacrés Pieds-Noirs», mentionne M. Heavy Hand.

Après des décennies de démarches, ce sont maintenant les musées qui appellent les communautés autochtones pour retourner les pièces sacrées qu’ils détiennent.

Sur la côte ouest, le cofondateur du comité de rapatriement des nations Skidegate et Haïda, Andy Wilson, confie que la récupération d’artéfacts a fait renaître les traditions.

Les communautés ont profité du retour de plusieurs objets pour réapprendre à les fabriquer. Cet art s’était pratiquement perdu dans certains cas.

Renouer avec ces anciennes pratiques a aussi permis d’ouvrir des canaux de communication entre les différentes générations à l’intérieur des familles.

Jerry Potts n’hésite pas à parler d’une véritable cure de jouvence pour la Confédération des Pieds-Noirs.

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