NEW YORK — Le média d’information Vice a suspendu deux de ses cadres supérieurs, dont son président, à la suite d’allégations d’inconduites sexuelles relayées le mois dernier par le «New York Times».

Dans une note de service transmise mardi aux employés, l’entreprise Vice Media annonce qu’elle suspend son président, Andrew Creighton, et son chef des nouvelles numériques, Mike Germano, pendant qu’elle poursuit son enquête. La note précise que MM. Creighton et Germano sont les seuls hommes cités dans l’article du «New York Times» qui soient encore aujourd’hui à l’emploi de Vice Media.

Il a été impossible d’obtenir plus de précisions de la direction, mardi.

Le «New York Times» écrivait à la fin de décembre qu’il avait appris l’existence de quatre ententes à l’amiable relatives à des allégations de harcèlement sexuel ou de diffamation visant des employés de Vice, dont le président Creighton. Le quotidien américain a interviewé plus d’une vingtaine de femmes qui soutiennent avoir été victimes ou témoins d’inconduites sexuelles, dont des attouchements et des baisers non sollicités.

Les cofondateurs de Vice Media, Shane Smith et Suroosh Alvi, offrent leurs excuses pour cette culture masculiniste de «boy’s club».

D’abord magazine alternatif à Montréal, Vice est devenue une entreprise de reportages vidéo de choc, qui a des antennes un peu partout dans le monde. Son reportage sur la manifestation de néonazis en août dernier à Charlottesville, en Virginie, a été vu par des millions de personnes.

Selon le «New York Times», Vice a versé en 2016 une compensation de 135 000 $ à une ex-employée qui soutenait avoir été congédiée lorsqu’elle a refusé les avances du président Creighton. Dans sa note de service, Vice soutient qu’à l’époque, des avocats de la direction avaient jugé la poursuite sans fondement. Un comité spécial réexaminera maintenant toute l’affaire et formulera ses recommandations au conseil d’administration avant sa prochaine réunion, le 11 janvier.

Dans le cas de M. Germano, la note indique que la direction des ressources humaines et un enquêteur externe se penchent sur les allégations. Selon une femme interviewée par le «New York Times», M. Germano lui aurait dit qu’il refusait de l’embaucher parce qu’il voulait avoir des relations sexuelles avec elle. Une autre femme a soutenu qu’il l’avait couchée sur ses genoux pendant une fête de bureau dans un bar.

La note de service, transmise par la directrice de l’exploitation et directrice financière de Vice, Sarah Broderick, ajoute que tous les employés devront suivre une formation obligatoire en matière de harcèlement sexuel à compter du mois prochain. L’entreprise s’«engage» aussi à ce que d’ici 2020, la moitié de ses employés, à tous les niveaux, soient des femmes. Par ailleurs, la «parité salariale» devrait être atteinte d’ici la fin de l’année, promet-on.

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