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FREDERICTON — Deux agents correctionnels sont accusés d’homicide involontaire relativement au décès d’un homme du Cap-Breton qui avait été aspergé à plusieurs reprises de gaz poivré dans un pénitencier, il y a trois ans.

La Gendarmerie royale du Canada (GRC) avait initialement conclu qu’aucun acte criminel n’avait été commis dans la mort de Matthew Hines. On a appris mercredi que des accusations ont été portées depuis que l’Enquêteur correctionnel du Canada a statué, il y a huit mois, que le personnel du pénitencier avait fait usage d’une force excessive.

Matthew Hines, qui purgeait une peine de cinq ans de prison pour divers crimes, dont le vol, est mort le 26 mai 2015 au pénitencier de Dorchester, au Nouveau-Brunswick. La famille a été informée que l’homme de 33 ans avait succombé à des convulsions; dans un communiqué, mercredi, elle s’est dite soulagée de constater que sa mort fera maintenant l’objet d’une enquête plus approfondie.

«Nos parents ont attendu beaucoup trop longtemps avant de connaître la vérité sur la mort de Matthew, et nous estimons maintenant qu’il est d’une importance fondamentale, pour tous les Canadiens, que justice soit faite et qu’il y ait apparence de justice», ont-ils écrit. «Nous croyons que tous ceux qui ont vu Matthew avant et après sa mort devraient se regarder chaque jour dans une glace en se rappelant ce qu’ils ont fait et ce qu’ils n’ont pas fait.»

Les agents correctionnels Alvida Ross, 48 ans, et Mathieu Bourgoin, 31 ans, tous deux de Dieppe, au Nouveau-Brunswick, ont été accusés mercredi d’homicide involontaire et de négligence criminelle causant la mort. Ils doivent comparaître en Cour provinciale à Moncton le 26 février.

La «loi de Murphy»

L’Enquêteur correctionnel du Canada, Ivan Zinger, avait conclu dans son rapport, en mai 2017, que l’usage répété du gaz poivré à très courte distance semblait avoir contribué aux complications médicales qui ont conduit à la mort de M. Hines. M. Zinger soutenait que les agents correctionnels avaient eu recours à une force physique et chimique excessive et qu’ils n’avaient pas réagi de façon appropriée face à l’urgence médicale.

«Dans le cas présent, tout ce qui pouvait mal tourner dans une intervention impliquant le recours à la force a effectivement mal tourné» — comme le veut la fameuse «loi de Murphy». M. Zinger ajoutait que le Service correctionnel du Canada avait fourni au public et à la famille des renseignements trompeurs et incomplets sur les circonstances entourant la mort de Matthew Hines.

Il estimait aussi que les autorités carcérales n’avaient pas appliqué des mesures disciplinaires adéquates, alors qu’elles avaient trouvé 21 violations des politiques et des lois en vigueur. «Les mesures correctives adoptées après ces faits n’ont pas reflété jusqu’ici la nature et la gravité des erreurs et des omissions du personnel qui ont contribué à cette mort tragique et, à mon avis, évitable», a-t-il écrit.

La famille du détenu avait déclaré que M. Hines souffrait de problèmes psychiatriques depuis l’adolescence. Il avait obtenu une libération conditionnelle en 2015, mais la famille avait indiqué que sa santé mentale se détériorait et qu’elle s’était fait dire qu’il pourrait obtenir l’aide dont il avait besoin au pénitencier.

«Matthew était désemparé d’être renvoyé au pénitencier de Dorchester et ses derniers mots à sa soeur Wendy ont été: « Ne les laissez pas me tuer »», soutenait la famille dans un communiqué en mai 2017. La famille a aussi indiqué que les circonstances de sa mort avaient été «filmées dans les moindres détails».

Le Service correctionnel du Canada a annoncé l’an dernier qu’un employé avait été congédié et que trois autres avaient fait l’objet de mesures disciplinaires. Dans un communiqué mercredi, l’agence indique qu’elle a «collaboré étroitement à l’enquête policière» et que les accusés sont actuellement en congé administratif jusqu’à nouvel ordre.

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