LONDON, Ont. — Le ministre fédéral du Commerce international, François-Philippe Champagne, soutient que le Canada s’attire le respect des États-Unis lorsqu’il adopte une attitude ferme face à des pratiques commerciales jugées inéquitables à Ottawa.

M. Champagne estime que les pays qui se tiennent debout pour défendre leurs industries et leurs travailleurs sont davantage respectés de leurs partenaires.

On a appris mercredi que le Canada avait porté plainte auprès de l’Organisation mondiale du Commerce (OMC) pour dénoncer de façon générale les pratiques commerciales des États-Unis, et de façon plus spécifique les mesures punitives infligées par Washington à certaines importations.

Cette plainte à l’OMC, déposée en décembre, a irrité Washington, qui l’a qualifiée mercredi d’«attaque fâcheuse» qui mine la bonne foi des Canadiens à la table de négociations pour un renouvellement de l’Accord de libre-échange nord-américain (ALÉNA).

Certains observateurs soutiennent aussi que le moment est plutôt mal choisi, alors que les négociations pour un renouvellement de l’ALÉNA, déjà très tendues, abordent probablement une étape cruciale, ce mois-ci.

La ministre canadienne des Affaires étrangères, Chrystia Freeland, aussi responsable du commerce avec les États-Unis, explique que la plainte à l’OMC est avant tout liée à l’incessant litige canado-américain sur le bois d’oeuvre, et ne concerne pas du tout les négociations de l’ALÉNA.

«Les Canadiens s’attendent à ce que leur gouvernement défende notre industrie du bois d’oeuvre, nos travailleurs… et c’est absolument ce que l’on fait», a fait valoir Mme Freeland.

Mme Freeland soutient que lors de la sixième ronde de négociations, qui doit s’amorcer le 23 janvier à Montréal, le Canada apportera des «idées novatrices» pour répondre à certaines propositions «plus inusitées» de Washington.

Même si le Canada espère toujours en arriver à une entente à la table de négociations, Mme Freeland indique qu’Ottawa se prépare aussi à l’éventualité où le président Donald Trump déciderait de se retirer de l’accord commercial tripartite.

«Les États-Unis ont été très clairs avant même l’amorce des discussions qu’invoquer l’article 2205 (pour se retirer) était une possibilité, et je crois que nous devons prendre nos voisins à leur parole, les prendre avec sérieux», a dit Mme Freeland avant l’amorce du premier de deux jours de réunions du cabinet libéral à London, en Ontario.

«Et donc le Canada est préparé à toute éventualité», a-t-elle soutenu.

Mme Freeland a dit demeurer optimiste quant à la conclusion d’une entente.

«Nous estimons qu’il est tout à fait possible, s’il y a de la bonne volonté de toutes les parties, d’avoir un dénouement positif à Montréal», a affirmé la ministre.

Cela dit, «nous devons aussi être très clairs sur le fait que nous allons défendre nos intérêts nationaux», a-t-elle ajouté.

Ni Mme Freeland, ni le ministre des Finances, Bill Morneau, n’a voulu discuter des préparatifs du gouvernement pour l’élimination possible de l’ALÉNA.

Toutefois, M. Champagne a parlé de l’«impératif de diversification» — soit de tenter d’élargir le commerce du Canada avec l’Europe, l’Asie et l’Amérique du Sud afin d’être moins dépendant de la relation avec les États-Unis.

«Je crois que les Canadiens comprennent que bien que nous ayons une très bonne relation avec notre principal partenaire commercial, il s’agit simplement de la chose la plus sensée à faire», a dit le ministre.

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