Evan Vucci / The Associated Press

WASHINGTON — Les partisans de l’Accord de libre-échange nord-américain (ALÉNA) ont poussé un soupir de soulagement, vendredi, en prenant connaissance de commentaires rassurants du président Donald Trump, qui semble moins enclin à se retirer de l’entente commerciale.

Dans une entrevue au «Wall Street Journal», le président a eu à plusieurs reprises des mots plutôt positifs sur l’allure des négociations et sur leurs chances d’aboutir à «une entente raisonnable».

M. Trump a même soutenu qu’un ALÉNA renégocié permettrait de payer la note pour la construction du mur à la frontière mexicaine. Il a aussi admis qu’il était difficile pour le gouvernement mexicain, en pleine année électorale, de participer à de telles négociations.

Le président républicain n’a pas manqué, par ailleurs, de brandir à nouveau la menace d’un retrait américain de l’ALÉNA si Washington ne peut obtenir un meilleur accord.

Mais la ministre canadienne des Affaires étrangères, Chrystia Freeland, préfère s’accrocher aux meilleurs sentiments manifestés par le président au «Wall Street Journal». En arrivant à la réunion du cabinet, vendredi à London, en Ontario, elle a qualifié de «raisonnable» et de «constructive» la patience soudaine de M. Trump.

La ministre Freeland, qui est aussi responsable du commerce avec les États-Unis, a expliqué que le Canada avait toujours soutenu qu’il n’était pas utile de fixer des échéanciers artificiels pour des négociations, comme celui de mettre fin aux rondes de discussions actuelles en mars prochain. Mme Freeland a rappelé que le Canada était tout à fait disposé à poursuivre les négociations le temps qu’il faudra afin de conclure un bon accord.

Dans une entrevue au quotidien «El País», le ministre mexicain de l’Économie, Ildefonso Guajardo, ne croit pas que Washington servira bientôt un préavis de résiliation. Il souhaite par ailleurs la conclusion rapide d’un accord, afin de calmer les marchés.

Certains observateurs remarquent que les efforts des partisans de l’ALÉNA commencent à porter leurs fruits aux États-Unis. Robert Holleyman, ancien représentant adjoint au Commerce pour Barack Obama, et l’avocat Dan Ujczo, spécialisé dans le commerce canado-américain, estiment tous les deux que les efforts de ces groupes de pression commencent à peser dans la balance à Washington — notamment la voix des «États agricoles» qui ont voté pour Donald Trump.

Les fermiers américains doivent déjà composer avec une baisse du prix des denrées, et ils demandent à leur président, par l’entremise des élus au Congrès, de ne pas empirer les choses en menaçant leurs exportations.

Me Ujczo estime maintenant que certains progrès doivent être réalisés lors de la sixième ronde de négociations, du 23 au 28 janvier à Montréal, afin de retenir les élans du président Trump vers la sortie, en se prévalant de l’article 2205 de l’ALÉNA, qui accorde six mois à un pays signataire pour se retirer de l’accord.

L’avocat estime que cet article est moins une stratégie de négociations qu’une boîte de Pandore, qui pourrait perturber les marchés et accentuer le risque d’une réelle rupture de l’ALÉNA — ce que ne souhaite pas au fond le président Trump, selon lui.

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