Geoff Robins / La Presse Canadienne

OTTAWA — Le premier ministre Justin Trudeau, par ailleurs ministre de la Jeunesse, lance une nouvelle initiative nationale de service pour les jeunes, un peu à l’image du programme Katimavik, boudé par les conservateurs.

Et les projets qui seraient contraires au droit à l’avortement, ou à d’autres droits, ne pourraient pas obtenir de subvention du nouveau programme fédéral pour les jeunes, précise le gouvernement libéral.

M. Trudeau a lancé mardi cette nouvelle initiative nationale, Service jeunesse Canada, une promesse électorale des libéraux. Le nouveau programme, doté d’un budget de 105 millions $ sur trois ans, est destiné à permettre aux jeunes «d’être au service de leur communauté, tout en acquérant des compétences et une expérience précieuses», a indiqué le premier ministre.

Dans une vidéo diffusée sur la plateforme Instagram, populaire auprès des jeunes, M. Trudeau a d’abord lancé une «phase de conception» pour donner corps à Service jeunesse Canada. Le gouvernement libéral souhaite que ce programme soit bien en selle en 2019, après consultations avec des organisations nationales, régionales et locales, et bien sûr des jeunes.

En attendant, Service jeunesse Canada offrira son aide à une dizaine d’organismes déjà bien reconnus par le gouvernement — dont les Chantiers jeunesse, la Fédération canadienne de la faune, Katimavik, Repaires jeunesse du Canada, les YMCA, les 4-H Canada et Ocean Wise.

Des projets pourront ensuite être soumis par des écoles, des organismes sans but lucratif et des municipalités. Par ailleurs, Ottawa offrira aux jeunes Canadiens, par l’intermédiaire de l’organisation TakingITGlobal, un accès à du financement aux montants fixes de 250 $, 750 $ ou 1500 $ pour leurs projets de service dans leur communauté. Le gouvernement libéral croit que jusqu’à 4000 jeunes Canadiens de 15 à 30 ans pourraient recevoir un financement d’ici mars 2020.

Ottawa offre enfin un service de jumelage en ligne, par l’entremise de Bénévoles Canada, pour aider les jeunes à trouver des occasions de bénévolat dans leur communauté.

Respect des droits

Et tout comme le programme Emplois d’été Canada, Service jeunesse Canada ne financera pas de projets qui violeraient des droits individuels, y compris les droits liés à la procréation.

Ces projets pourront par exemple prendre la forme d’un jumelage entre un jeune et une personne aux prises avec un problème de santé mentale, ou d’un programme de quelques mois visant la protection d’un milieu humide. Priorité sera aussi donnée à des projets qui favorisent la réconciliation avec les Autochtones.

Mais contrairement à ce que prévoit le programme Emplois d’été Canada, les demandeurs ne seront pas tenus d’attester par écrit que leur mission première ne viole pas de droits individuels: ce sera à Emploi et Développement social Canada de trancher.

Des congrégations religieuses et des organismes de bienfaisance ont critiqué cette nouvelle règle du programme Emplois d’été Canada, qui les oblige à signer une déclaration qui va à l’encontre de leurs croyances. Cette obligation empêcherait par exemple une communauté religieuse d’obtenir une subvention pour payer les moniteurs dans sa colonie de vacances.

Le chef conservateur, Andrew Scheer, a accusé M. Trudeau d’imposer ses valeurs aux autres Canadiens. Dans une lettre au premier ministre, Jim Hughes, président de l’organisme antiavortement Campaign Life Coalition, plaidait quant à lui, plus tôt cette semaine, que l’avortement n’est pas «un droit de la personne», et n’est pas non plus protégé par la Charte canadienne des droits et libertés.

Par ce programme, les libéraux respectent finalement leur promesse électorale de consacrer 25 millions $ par année pour offrir aux jeunes Canadiens l’occasion d’acquérir de l’expérience de vie et des compétences, mais aussi pour aider les communautés. Dans son premier budget, en 2016, le gouvernement libéral promettait 105 millions $ sur cinq ans, et 25 millions $ chaque année par la suite. Le budget de 2017 prévoyait le lancement du programme à l’automne de 2017, un lancement maintenant reporté à 2019.

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