Ryan Remiorz Ryan Remiorz / La Presse Canadienne

SHERBROOKE, Qc — Malgré une septième journée passée dans une salle, en isolement, à délibérer, les 12 jurés ne se sont toujours pas entendus sur un verdict pour les trois hommes accusés après le déraillement mortel d’un train de pétrole à Lac-Mégantic en 2013.

Ils ne se sont pas manifestés de la journée, mercredi: pas de question, pas de note au juge.

Mardi, ils avaient toutefois frappé un écueil et la difficulté de leur mandat était apparue de façon plus évidente: ils avaient indiqué au juge Gaétan Dumas, qui préside le procès depuis le 2 octobre, être dans une impasse quant à la détermination de la culpabilité des trois accusés.

Le juge avait auparavant lu dans la salle d’audience une lettre des jurés dans laquelle ils lui demandaient ce qu’il allait arriver s’ils étaient incapables de s’entendre sur des verdicts unanimes.

Le magistrat leur avait demandé mardi de continuer à essayer, d’écouter le point de vue des autres et de poursuivre leur réflexion. Ils sont donc retournés dans leur salle de délibérations, au palais de justice de Sherbrooke.

Lundi, ils avaient posé leurs premières questions au juge — des précisions portant sur des concepts juridiques en droit criminel.

Les accusés dans cette affaire sont le chef de train Thomas Harding, le contrôleur ferroviaire Richard Labrie et le directeur des opérations de la Montreal Maine and Atlantic (MMA) au Québec, Jean Demaître.

Ils ont tous trois plaidé non coupables aux accusations de négligence criminelle causant la mort qui ont été portées contre eux.

Le jury a commencé à discuter des possibilités de verdicts — qui doivent être unanimes — jeudi dernier. Il doit rendre un verdict par accusé, comme s’il s’agissait de trois procès distincts.

Mercredi, l’avocat de Thomas Harding, Me Charles Shearson, a souligné aux journalistes que cette difficulté rencontrée par les 12 jurés envoie le message que le domaine ferroviaire est fort complexe.

«Quand il survient des tragédies comme cela, c’est sûr qu’il y a beaucoup d’émotions. C’est peut-être difficile pour un jury de prendre une position finale de façon unanime», a dit le procureur.

«Bien que c’est possible, sur la preuve», a-t-il ajouté.

Si le jury s’avère incapable de rendre des verdicts unanimes, le juge n’aura d’autre choix que de le dissoudre, ce qui mettra fin au procès. Cela n’effacera toutefois pas les accusations contre les trois ex-employés de la MMA, a indiqué Me Shearson. La Couronne devra alors décider s’il y aura un autre procès.

Les accusations criminelles avaient été portées après qu’un train de 72 wagons de pétrole brut eut déraillé le 6 juillet 2013, au petit matin. Il a explosé et enflammé une partie du centre-ville de Lac-Mégantic, tuant 47 personnes sur son passage.

Le jury va poursuivre son travail jeudi.

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