Sean Kilpatrick Sean Kilpatrick / La Presse Canadienne

OTTAWA — Le premier ministre Justin Trudeau est d’avis que la société canadienne tire de l’arrière face aux changements systémiques qu’il essaie d’implanter sur la colline parlementaire au chapitre de la prévention et de la lutte au harcèlement sexuel et aux autres comportements inappropriés.

Lors d’un entretien avec La Presse canadienne, M. Trudeau a dit comprendre que la colline parlementaire est un milieu de travail bien particulier qui est dominé depuis des siècles par des hommes plus âgés et très influents.

Il estime toutefois que la situation commence à changer, dans la foulée de l’élection d’un groupe de députés plus diversifié et de l’arrivée de nouveaux employés politiques, même si les conséquences de cette ancienne hiérarchie dominée par les hommes ne se sont pas volatilisées en l’espace d’une nuit.

Le système change, mais la société ne change pas assez rapidement, ce qui donnera lieu à des «situations difficiles», a dit le premier ministre.

M. Trudeau, qui s’autoproclame féministe et qui assure n’avoir aucune tolérance pour le harcèlement sexuel, a été questionné au sujet des allégations qui ont éclaboussé l’an dernier un membre de sa garde rapprochée.

Claude-Éric Gagné, le directeur adjoint aux opérations du bureau du premier ministre, est en congé depuis le 1er novembre, en raison d’allégations qui ont été portées à l’attention de M. Trudeau. M. Gagné conteste la véracité de ces allégations et collabore avec l’enquête, qui a été confiée à la réputée firme de ressources humaines Rubin Thomlinson.

Sans vouloir commenter directement cette affaire, M. Trudeau a dit espérer que sa réponse aux allégations servira d’exemple.

«Le fait que nous n’ayons aucune tolérance pour ce genre de chose — que nous n’allons rien balayer sous le tapis et que nous allons agir immédiatement — fait partie de l’exemple que nous souhaitons voir être suivi ailleurs sur la colline (parlementaire), mais aussi dans tous les milieux de travail du Canada», a-t-il dit.

Une enquête récemment menée par La Presse canadienne auprès des députées fédérales a découvert que 58 pour cent de celles qui ont répondu au questionnaire anonyme ont été victimes d’une inconduite sexuelle depuis qu’elles ont été élues. De plus, 76 pour cent de celles qui ont répondu ont été témoin ou ont eu vent d’une inconduite sexuelle à l’endroit d’une femme.

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