Josie Desmarais/Métro Jacques Pétrin, coordonnateur de la Table nationale de lutte contre l'homophobie et la transphobie

La Table nationale de lutte contre l’homophobie et la transphobie a lancé jeudi un guide de bonnes pratiques à adopter pour mieux intégrer et soutenir les personnes trans en milieu scolaire.

Malgré que la Charte québécoise des droits et libertés de la personne interdisse la discrimination sur l’identité et l’expression de genre, les établissements scolaires tâtonnent beaucoup à l’heure actuelle, croit Annie Pullen Sansfaçon, présidente de l’organisme Enfants transgenres Canada, qui a participé à la rédaction du guide.

«En ce moment les écoles sont réactives. Elles sont un peu perdues et font les choses en urgence. Et quand on fait les choses en urgence, on fait des erreurs, explique-t-elle. Si les écoles se mettent à intégrer les lignes directrices avant même d’avoir des jeunes trans, ça va faire une énorme différence».

Le guide s’adresse «à tous les établissements du préscolaire à l’université, ainsi qu’au personnel qui y travaille», souligne Jacques Pétrin, coordonnateur de la Table nationale de lutte contre l’homophobie et la transphobie.

La sensibilisation est abordée dans le guide, de même que l’accès aux toilettes et aux vestiaires et des mesures d’inclusion.

Or, un des points centraux est la possibilité de voir le nom de choix apparaître sur toutes les listes, plutôt que le nom légal. «Notre objectif est que pour l’année 2018-2019, dans tout le réseau, on puisse utiliser le nom choisi du jeune, soutient M. Pétrin. Il ne faut pas qu’il y ait de discordances parce que sinon, ça amène le jeune à faire un coming-out et parfois subir de l’oppression.»

Il indique qu’au niveau collégial, par exemple, les logiciels informatiques permettent désormais d’indiquer un nom choisi, qui apparaît ensuite sur les documents.

«Il est arrivé dans une école qu’on dise à un jeune trans : “tu vas aller dans la toilette des handicapés”. Parce qu’on lui a imposé, plutôt que de lui offrir un choix, le message que le jeune a probablement reçu est qu’il a un handicap.» –Jacques Pétrin, coordonnateur de la La Table nationale de lutte contre l’homophobie et la transphobie.

«L’homophobie et la transphobie sont encore présents dans les milieux scolaires. Et il y a des milieux plus difficiles», admet le coordonnateur, sans toutefois vouloir les nommer.

Il donne toutefois en exemple les codes vestimentaires genrés, comme une pratique dépassée. «On dit que les filles ne peuvent pas porter des jupes courtes. On devrait plutôt dire que les jupes courtes sont interdites parce qu’un garçon pourrait vouloir porter des jupes, soutient-il. Il faut développer des réflexes [non-genrés].»

Si le guide vise à offrir un environnement plus sécuritaire aux jeunes trans, Mme Pullen Sansfaçon croit que les conseils qui y prodigués peuvent bénéficier à tous. «On n’a pas besoin d’avoir affaire à un jeune trans pour avoir un besoin d’espace privé dans un vestiaire, par exemple. Il y a des jeunes cisgenres, qui n’ont pas le goût de se déshabiller devant tout le monde», assure celle qui est également professeure à l’École de travail social de l’Université de Montréal.

La Table nationale de lutte contre l’homophobie et la transphobie regroupe le ministère de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur, mais aussi les syndicats et associations de directions du milieu scolaire. «La Table travaille pour lancer à la fin 2018 un guide pour donner des balises et des orientations pour les sports à l’intérieur des institutions», indique Jacques Pétrin.

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