THE CANADIAN PRESS Justin Trudeau et Donald Trump

OTTAWA — Un an après son assermentation comme président des États-Unis, Donald Trump n’a toujours pas mis les pieds au Canada. Il n’a pas encore donné suite à l’invitation que lui avait lancée Justin Trudeau de venir au pays «à la première occasion», et on ignore quand ou s’il le fera.

La tradition qui s’est installée au cours des dernières décennies veut que tout président américain fasse une visite officielle en sol canadien rapidement après son élection à la Maison-Blanche, bien qu’il y ait eu quelques exceptions à cette règle, dont celle de George W. Bush.

À cet égard, Donald Trump marche dans les pas de son prédécesseur républicain. Car si le 45e président américain est attendu au sommet du G7 dans Charlevoix, en juin, aucune rencontre bilatérale au Canada ne semble encore au programme.

Le premier ministre Trudeau ne semble pas se formaliser du fait que son homologue à Washington n’ait pas traversé la frontière depuis qu’il a pris le pouvoir, plaidant que les deux hommes ont eu «énormément de rencontres bilatérales à bien des endroits dans le monde».

Il n’a pas voulu préciser si son bureau avait planché ou planchait actuellement sur l’organisation d’une visite officielle. «On est toujours en train de regarder des occasions où on peut échanger, on peut se parler d’enjeux bilatéraux», a-t-il offert en entrevue à La Presse canadienne.

Le politologue Rafaël Jacob croit qu’il ne faut pas «exagérer la signification» du fait que le président Trump, qui fête samedi le premier anniversaire de son assermentation, n’ait pas encore rendu visite à Justin Trudeau — qui lui, a été reçu à la Maison-Blanche deux fois plutôt qu’une l’an dernier.

«Ce n’est pas simplement avec le Canada. Je pense que de façon générale, c’est quelqu’un qui a reçu plus qu’il ne s’est déplacé», a-t-il suggéré, mentionnant que ce président a définitivement «une façon différente d’opérer».

Pour ce qui est de sa lenteur à visiter son voisin au nord, la façon d’opérer s’apparente à celle de George W. Bush, qui avait mis près de trois ans avant d’effectuer sa première visite officielle au Canada, en 2004, après avoir préféré le Mexique comme première destination.

Il n’avait pas eu droit à un accueil des plus chaleureux. Des manifestations avaient été organisées dans plusieurs villes au pays, alors que le torchon brûlait entre Ottawa et Washington en raison du refus canadien de participer à la guerre en Irak.

Sur la colline du Parlement, à Ottawa, on avait crié à l’impopulaire président de rentrer chez lui. George W. Bush avait choisi l’humour comme arme pour contre-attaquer, remerciant les Canadiens de s’être déplacés pour le saluer «avec leurs cinq doigts».

La crainte d’une réception glaciale en sol canadien n’est probablement pas un facteur qui fait partie du calcul dans la planification, estime Rafaël Jacob. Il rappelle que Donald Trump s’est rendu à Paris en juillet dernier pour célébrer la Fête nationale, à l’invitation du président français Emmanuel Macron.

«À peu près personne ne pensait qu’il irait — il n’est pas nécessairement plus populaire à Paris qu’il l’est à Ottawa ou à Montréal», a expliqué au téléphone le chercheur à la Chaire Raoul-Dandurand de l’Université du Québec à Montréal (UQAM).

Et si Donald Trump, qui a récemment annulé une visite officielle en Grande-Bretagne, finit par venir, comment les Canadiens l’accueilleront-ils? «On verra bien ce qui va se passer quand il viendra à Charlevoix avec les autres chefs», a lâché Justin Trudeau lorsque la question lui a été posée, lundi.

Pétition contre la visite de Trump au G7

Le Conseil des Canadiens a commencé à mobiliser les troupes. L’organisation de gauche a mis en ligne en début de semaine une pétition intitulée «Dites à Trump qu’il n’est pas le bienvenu au Canada», qui avait été signée par plus de 13 000 personnes en date de vendredi.

«Le premier ministre Trudeau a peut-être à accueillir Trump ici, mais la population du Canada n’a pas à le faire. Nous ne pouvons plus rester silencieux. Il est temps de faire ce qui est juste», peut-on lire sur le site internet qui héberge la pétition.

«Lorsque les yeux du monde seront tournés vers le Canada en juin, nous devons montrer à quel point les Canadiens rejettent vigoureusement Trump et son agenda haineux. (…) Lui, ses propos et ses actions racistes, misogynes, vulgaires et dangereux, ne sont pas les bienvenus ici», est-il écrit.

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