Jacques Boissinot / La Presse Canadienne Martin Coiteux.

Le climat de travail s’est assaini à l’Unité permanente anticorruption (UPAC), mais certaines améliorations doivent encore être apportées, ont déclaré à l’unisson le gouvernement Couillard et Robert Lafrenière vendredi.

En matinée, le ministre de la Sécurité publique, Martin Coiteux, rendait publics deux rapports sur l’état des relations de travail à l’UPAC. Le communiqué, qui accompagnait les rapports, stipulait que le gouvernement Couillard «remarque que des améliorations ont été apportées, mais qu’il reste du travail à faire».

Réagissant à chaud, peu de temps après, le grand patron de l’UPAC a rappelé que le Service de la vérification de l’intégrité des entreprises (SVIE) — visé par les deux rapports — a été créé «sur les chapeaux de roues» en 2012.

Le mandat de l’UPAC se limitait jusque-là à mener des enquêtes criminelles et pénales pour lutter contre la corruption. Le SVIE s’est alors greffé à l’organisation en ayant comme mandat de produire des avis sur les entreprises qui souhaitent obtenir des contrats publics, afin de déterminer si celles-ci ou encore leurs actionnaires ont déjà eu des démêlés avec la justice ou s’ils sont liés au crime organisé, notamment.

Robert Lafrenière a fait valoir que la quarantaine d’employés, qui travaillaient alors dans ce service, devaient traiter les dossiers rapidement pour ne pas «retarder l’économie».

Incidemment, certains aspects liés à l’organisation du travail, notamment la gestion des ressources humaines, ont été négligés, a convenu M. Lafrenière, tout juste avant de prononcer une allocution à Québec devant l’Association des constructeurs de routes et grands travaux.

En décembre dernier, les grandes lignes d’un rapport interne accablant sur les relations de travail à l’UPAC avaient été coulées dans les médias. On y apprenait que le SVIE, dirigé à l’époque par Marcel Forget, était rongé par des relations conflictuelles, des tensions palpables et un manque de confiance des employés envers la direction.

Le ministre Coiteux avait alors exigé des explications à Robert Lafrenière, disant se questionner «sur le bon fonctionnement de l’institution».

Le premier rapport rendu public vendredi est celui rédigé par le commissaire à la lutte contre la corruption afin de détailler les mesures adoptées pour redresser la situation.

M. Lafrenière souligne que les effectifs du service ont toujours été en deçà du nombre autorisé par le gouvernement et que la tâche de travail n’a jamais cessé d’augmenter. Ainsi, dans ses premiers mois d’activité, le SVIE recevait 28 dossiers par mois de la part de l’Autorité des marchés financiers. Ce nombre est aujourd’hui passé à 136.

Le patron de l’UPAC écrit, dans ce rapport, que c’est dans ce contexte particulier que «certains problèmes déjà présents au sein du SVIE sont devenus plus critiques». M. Forget a alors demandé d’établir «un diagnostic organisationnel», à la suggestion de la Direction des ressources humaines du ministère de la Sécurité publique.

C’est ce rapport qui s’est retrouvé dans les médias en décembre dernier. Il avait été rédigé à la suite de rencontres individuelles réalisées avec tous les employés du service en juillet et août 2016.

On y apprenait que l’établissement d’indicateurs de performance, l’élaboration de processus en matière de méthodes de travail et la définition des rôles et responsabilités de chacun avaient été délaissés pour galvaniser toute l’énergie disponible dans la rédaction des rapports pour qu’ils soient livrés dans les délais prescrits.

Depuis, plusieurs correctifs ont été apportés, assure M. Lafrenière. Un plan stratégique pour le SVIE a été mis en place pour la période 2016-2020, «une professionnelle a été affectée à temps plein à cet exercice de vigie», la gestion des priorités a été révisée et une meilleure définition des tâches de tous les employés est en voie d’être élaborée.

Cette vision plus positive de l’ambiance de travail qui règne au SVIE a été corroborée par le deuxième rapport rendu public vendredi. Celui-ci est en fait un bilan de suivi du plan d’action élaboré en 2016 par la Direction des ressources humaines du ministère de la Sécurité publique.

Ses conclusions sont fondées sur une deuxième ronde de consultations menées auprès du personnel. Ces entrevues ont permis de déterminer que le climat de travail s’est bel et bien amélioré, mais qu’un manque de transparence et qu’une communication défaillante sont toujours à déplorer au niveau de la direction.

Le rapport met particulièrement le doigt sur le déficit de leadership au sein de l’organisation. «L’année 2017 n’aura pas permis d’observer une évolution significative sur cet aspect», peut-on lire.

«Moi, je suis plus ou moins d’accord avec cette affirmation-là, a tempêté M. Lafrenière en point de presse. (…) Moi, je pense que le problème, c’est davantage un problème de communication. Il n’y avait pas suffisamment de communications statutaires à mon goût et là, j’ai imposé des choses.»

Une réunion d’employés aura désormais lieu toutes les deux semaines pour discuter de tout sujet opérationnel et administratif, a annoncé le grand patron de l’UPAC.

«Souvent, les solutions passent par la communication», a-t-il insisté.

Un autre rapport, cette fois sur les équipes d’enquête de l’UPAC, n’a pas été rendu public.

Selon M. Lafrenière, ce rapport est entre les mains de la SQ et ne concerne que la SQ. Il a été rédigé par Karine Martel, une employée des ressources humaines de la Sûreté du Québec.

«Le rapport ne m’a jamais été remis, a insisté le patron de l’UPAC. Je ne l’ai jamais vu. Ils ont mis en place un plan de redressement, selon ce qu’on m’a dit.»

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