FELIX O.J. FOURNIER/TC Media Robert Lafrenière

QUÉBEC — Le commissaire de l’Unité permanente anticorruption (UPAC), Robert Lafrenière, a indiqué vendredi que si des rencontres prévues avec des députés avaient été annulées, en janvier, c’est parce que l’Assemblée nationale avait invoqué l’immunité parlementaire.

En fin d’après-midi, l’Assemblée nationale a toutefois publié un communiqué pour rejeter les allégations de M. Lafrenière.

Le commissaire Lafrenière a prononcé une allocution, vendredi midi, devant l’Association des constructeurs de routes et grands travaux, à Québec. Et c’est à cette occasion qu’il a rencontré la presse.

Les médias de Québecor avaient rapporté, plus tôt cette semaine, que les députés Pascal Bérubé, du Parti québécois, et Éric Caire, de la Coalition avenir Québec, devaient rencontrer un enquêteur, mais que cette rencontre avait été annulée à la dernière minute, sans qu’on sache trop pourquoi.

Interrogé à ce sujet vendredi, le commissaire Lafrenière a soutenu que c’est l’Assemblée nationale qui avait invoqué l’immunité parlementaire.

«Le 8 janvier, on a reçu une missive de l’Assemblée nationale qui touchait l’immunité parlementaire. Suite à cette correspondance-là, on a été obligé d’annuler et de mettre l’enquête en suspens. Donc, les rendez-vous qui avaient déjà été pris, on a été obligé de les canceller», a répondu M. Lafrenière.

Il affirme que l’UPAC a agi ainsi «par prudence».

L’Assemblée nationale soutient qu’elle n’a jamais demandé l’annulation des rencontres entre l’UPAC et des députés puisqu’elle «ignorait» que l’UPAC avait planifié de telles rencontres. Selon elle, «la lettre en question portait sur la procédure pour des dossiers en cours». Elle reproche à M. Lafrenière de se servir «de cette correspondance entre procureurs pour justifier l’annulation de rencontres».

Par ailleurs, le commissaire Lafrenière n’a pas voulu commenter les informations qui ont filtré au cours des derniers jours concernant «l’affaire Guy Ouellette», ce député libéral qui a été arrêté par l’UPAC, l’automne dernier, après qu’on lui eut posé un «appât», sans être accusé de quoi que ce soit depuis.

Au cours des derniers jours, un complot a été évoqué concernant des fuites sur les enquêtes qui auraient coïncidé avec des comparutions de M. Lafrenière devant l’Assemblée nationale, comme si quelqu’un avait voulu lui nuire.

«Je ne ferai aucun commentaire; c’est devant les instances judiciaires. C’est très, très délicat», a répondu M. Lafrenière.

Le commissaire Lafrenière s’est ensuite adressé aux membres de l’Association des constructeurs de routes et grands travaux réunis.

Il y a vanté le travail de son organisation depuis sa création en 2011: 186 personnes ou entreprises ont été accusées au criminel, plus de 300 si on ajoute le pénal, 113 déclarations de culpabilité.

«Oui, nos dossiers sont longs, je l’avoue. Ils nécessitent beaucoup d’analyse, mais ils sont bien ficelés lorsque nous arrivons à l’étape du processus judiciaire. C’est pour ces raisons qu’on obtient souvent, souvent des plaidoyers de culpabilité, avant même que le procès commence — ce qui en soi est une économie pour les citoyens du Québec», a opiné le commissaire Lafrenière.

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