Josie Desmarais / Métro Le premier ministre Philippe Couillard.

C’est sur le thème de l’hiver que s’ouvrira la mission du premier ministre Philippe Couillard en Chine dimanche.

Le chef du gouvernement québécois espère tirer profit de l’engouement des Chinois pour les sports d’hiver, dont le ski et le hockey, lors d’une mission commerciale et culturelle d’une semaine qui l’amènera à Pékin, Hangzhou et Shanghai.

C’est qu’à l’approche de l’échéance olympique de 2022, et pour répondre à certains enjeux de santé publique, Pékin s’est fixé comme objectif d’amener 300 millions de Chinois à pratiquer des sports d’hiver.

M. Couillard y voit là une excellente opportunité d’affaires. Accompagné de représentants de près de 140 entreprises québécoises, il vantera dès dimanche en Chine, et pour toute la durée de la mission, l’expertise hivernale québécoise, ou son «économie blanche».

On cherchera ainsi durant cette mission à accroître les exportations du Québec en Chine, car si les échanges commerciaux entre les deux territoires augmentent d’année en année (ils se chiffraient à 13,3G$ en 2015, une hausse de 17,1% par rapport à 2014), la balance commerciale pour le Québec est toujours largement déficitaire.

En 2015, la valeur des importations de marchandises du Québec en provenance de la Chine s’établissait à 10,7G$, tandis que les exportations québécoises vers le pays le plus populeux du monde se chiffraient à 2,7G$.

Au ministère des Relations internationales (MRI), on souffle qu’il ne faut pas négliger les efforts pour séduire le géant chinois.

Car avec une classe moyenne qui progresse de manière substantielle chaque année, le marché chinois, le plus gros au monde, est en pleine transformation et devient de plus en plus un marché de consommation de produits de qualité.

La culture et le divertissement à l’avant-plan

Le secteur des sports d’hiver n’est évidemment pas le seul à être économiquement prometteur; le divertissement, qui représente cinq pour cent du PIB chinois, est aujourd’hui un marché de 560G$US.

Depuis 2014, année où le premier ministre Couillard a effectué une première incursion dans l’Empire du Milieu, les choses ont déboulé et les Chinois, de plus en plus riches, cherchent maintenant des endroits dans leur pays où se divertir.

Le message du Québec sera donc bien différent de celui de 2014: exit les ressources naturelles et place à la culture et au divertissement. D’ailleurs, près de la moitié des participants cette année proviennent des milieux de la culture, du multimédia et du divertissement, du jamais vu, selon une source gouvernementale.

En mêlée de presse quelques jours avant son départ pour la Chine, M. Couillard a déclaré qu’il allait surtout vanter le «talent» québécois.

«La première chose dont je dois parler, c’est de nos talents et de la façon dont on réussit, dont on innove au Québec, a-t-il dit. C’est ça la grande valeur, la valeur aujourd’hui sur laquelle tout le monde est en compétition, c’est le talent.»

Selon le représentant du Québec en Chine, Jean-François Lépine, les salles de spectacle et les arts du cirque ont particulièrement la cote.

«Simplement avec les cirques du Québec par exemple, le Cirque du Soleil, le Cirque Éloize et Les 7 doigts de la main, il y a une progression depuis deux ans où ils viennent en tournée, ils ont des projets communs qui sont absolument fabuleux, et ça, c’est un indice de plus de la diversification de notre présence en Chine, de sa modernisation aussi, a-t-il affirmé en entrevue téléphonique avec La Presse canadienne. On n’est plus seulement dans les matières premières, les minéraux, et tout ça, mais on est aussi dans des secteurs de pointe.»

Rares rencontres avec de hauts dirigeants chinois

Le séjour du premier ministre du Québec est d’autant plus opportun, ajoute-t-on, qu’il survient au moment où le Canada et les États-Unis peinent à renégocier l’Accord de libre-échange nord-américain (ALÉNA). La montée du protectionnisme américain n’a pas épargné le Québec.

La Chine pourrait être la solution, et elle est réceptive: M. Couillard a notamment réussi l’exploit d’obtenir deux entretiens avec des hauts-représentants du gouvernement central chinois.

En 2014, le premier ministre avait obtenu, à Pékin, une seule rencontre, très sélecte, avec le ministre des Territoires et des Ressources de la Chine, Jiang Daming, qui est à la tête d’une vaste administration de 400 000 employés.

Les hauts représentants chinois sont sollicités de toutes parts par bon nombre de dirigeants étrangers qui veulent aussi obtenir les faveurs de la grande puissance. En Chine, fait-on savoir, les contacts politiques permettent bien souvent d’accélérer le processus pour conclure des contrats.

Plusieurs joueurs espèrent tirer leur épingle du jeu. Dans la délégation québécoise, on remarque la présence, imposante, de la filière culturelle, en plus de celle des entreprises oeuvrant dans les domaines de l’agroalimentaire, des biens de consommation et des technologies vertes.

De grandes entreprises industrielles du Québec sont aussi du voyage, comme bien sûr Bombardier implantée en Chine depuis bon nombre d’années.

Il s’agit de la huitième visite d’un premier ministre québécois en Chine. Par cette mission, M. Couillard se trouve ainsi à marcher dans les traces de René Lévesque, qui a été le premier des chefs de gouvernement du Québec, il y a 30 ans, à visiter le pays de Mao. Le Québec a signé sa première entente avec le gouvernement chinois en 1980, et elle portait sur l’éducation. Le Québec a aussi été la première province à ouvrir un bureau en Chine, en 1998, sous Lucien Bouchard.

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