Chris Young Chris Young / La Presse Canadienne

Même si l’automobile joue un rôle non négligeable dans l’économie du Québec, sa place sans cesse plus importante dans les finances tant publiques que privées doit être remise en cause. C’est ce que clame un rapport de l’organisme Trajectoire. Celui-ci souligne que les coûts de l’automobile (53G$ par an si l’on inclut les coûts de la pollution, de la congestion et des accidents) représentent un fardeau de 20 000$ par an pour une famille de deux enfants. Face à l’ampleur du phénomène, il faut des solutions drastiques. Voici ce que proposent trois personnalités qui ont beaucoup réfléchi à la question.

Taxer la publicité
Depuis 2015, il se vend plus de camions légers que d’automobiles au Québec. Le parc automobile du Québec croit d’environ 50 000 véhicules par an. «C’est pas normal de laisser l’industrie essayer de nous vendre des autos toujours plus grosses et énergivores. On devrait taxer la publicité automobile et utiliser l’argent récolté pour investir dans des campagnes de sensibilisation», a affirmé Karel Mayrand, directeur pour le Québec de la Fondation David Suzuki. Cette action serait incluse dans un nouveau contrat social où les villes s’engageraient à réduire les temps de trajets en transport en commun sur leurs grands axes.

Gel des projets autoroutiers
Actuellement, 70% des investissements du ministère des Transports sont alloués aux routes et le reste est dédié au transport collectif. «Il faut faire comme l’Ontario et inverser ces deux chiffres, a lancé Florence Junca-Adenot, professeure associée au département d’études urbaines et touristiques de l’Université du Québec à Montréal. Selon elle, cela forcera les autorités à prioriser l’entretien des routes, tout en gelant les nouveaux projets routiers. «Ça fera mal, mais il faut passer par là», a dit la professeure. Philippe Cousineau Morin, directeur de Trajectoire, a noté que la fiscalité actuelle doit être révisée. «Actuellement, le gouvernement paie 100% d’une autoroute, mais seulement la moitié d’un projet de transport en commun. Alors, les municipalités choisissent la facilité», a-t-il mentionné.

Utilisateur-payeur
Présentement, les automobilistes ne paient directement que le tiers des 6,7G$ des fonds publics dépensés annuellement pour construire, entretenir et déneiger les routes. Un autre tiers de la facture est assumé par les sociétés de transport et l’autre tiers, par l’ensemble des contribuables. «Pour que les automobilistes connaissent le vrai coût de la possession d’une automobile, il faudrait introduire le principe de la facturation au kilomètre», a suggéré Alexandre Taillerfer, le fondateur de Téo Taxi. Il croit aussi que les ménages qui possèdent deux, voire trois véhicules, devraient être bien plus taxés. M. Taillefer s’est dit confiant que la politique gouvernementale sur la mobilité durable qui doit être bientôt présentée répondra à ces objectifs.

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