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Québec a convoqué plus de 300 intervenants du milieu de l’éducation à deux journées de réflexion sur la formation professionnelle, qui a longtemps été considérée comme une voie de garage pour les décrocheurs.

Les jeunes qui s’y inscrivent aspirent entre autres à devenir préposés aux bénéficiaires, soudeurs ou encore maçons.

Ce choix de parcours est légitime et doit être valorisé, ont clamé d’une seule voix le gouvernement, les syndicats et le patronat, lundi, à l’ouverture du forum au Centre des congrès de Québec, qui doit aboutir sur un plan d’action gouvernemental.

Le dernier événement de la sorte remonte à 1986, alors que Claude Ryan était ministre de l’Éducation dans le gouvernement libéral de Robert Bourassa.

La formation professionnelle n’est pas un «prix de consolation», a martelé l’actuel ministre de l’Éducation, Sébastien Proulx.

Le Québec fait face à un important problème de main-d’oeuvre: 1,3 million d’emplois seront à combler dans la prochaine décennie.

«La formation professionnelle est une de ces façons de répondre à ces problématiques, a affirmé M. Proulx en mêlée de presse. Actuellement, il y a des emplois disponibles de qualité où il faut des qualifications et malheureusement les gens ne les ont pas partout.»

La Centrale des syndicats du Québec (CSQ) a déploré, lundi, que l’âge moyen de la clientèle en formation professionnelle est de 28 ans. «On voit qu’il y a beaucoup moins de jeunes de 19 ans et moins qui s’inscrivent», a affirmé sa présidente, Louise Chabot, qui demande au gouvernement de donner un véritable «coup de barre» afin de rendre ce type de formation plus attirant.

Le syndicat proposera par ailleurs que: la formation professionnelle soit accessible à temps partiel, que l’offre de formation régionale soit diversifiée, que l’on finance des mises à niveau et des services complémentaires, et que l’on crée un comité de concertation pour plus de stages en milieux de travail.

La formation professionnelle doit être reconnue comme une formation qualifiante et transférable, a soutenu Mme Chabot. Cette reconnaissance passe également par la valorisation des enseignants, qui occupent pour la plupart (74 pour cent) des postes à statut précaire, a-t-elle dit.

Sans promettre de sommes supplémentaires, le ministre Proulx a déclaré lundi qu’il fera de la valorisation de la formation professionnelle une priorité.

«Pour moi, c’est extrêmement important», a-t-il dit, en ajoutant vouloir, entre autres, «sensibiliser» les parents qui ne souhaitent pas toujours voir leurs enfants se diriger vers un métier.

La porte-parole du Parti québécois (PQ) en matière d’éducation, Carole Poirier, a salué l’initiative du ministre, tout en le pressant d’agir rapidement. «C’est nécessaire, a-t-elle dit. On sait qu’actuellement, il y a une pénurie de main-d’oeuvre qualifiée pour occuper les postes, particulièrement en région.

«Il faut que (le plan d’action) arrive avant l’élection», a-t-elle insisté.

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