Josie Desmarais / Métro Le ministre Gaétan Barrette.

MONTRÉAL — Le ministre de la Santé, Gaétan Barrette, n’a pas de solutions à offrir à court terme pour combler le manque de préposés aux bénéficiaires et d’infirmières dans les établissements de santé, mais il reconnaît que le problème existe et doit être résolu rapidement.

De passage pour une annonce à Montréal, lundi matin, M. Barrette a imputé la situation des préposés au plein emploi, un problème «circonstanciel» qui se traduit, selon lui, par la difficulté de recruter du personnel.

«Il y a un côté un peu plus sombre (au plein emploi) qui est celui d’attirer des gens sur certains postes», a fait valoir le ministre en point de presse.

Il a toutefois indiqué qu’il y reviendrait «dans les prochaines semaines», sans donner plus de détails.

Prenant l’exemple d’une région qu’il n’a pas voulu nommer, M. Barrette a fait état d’une situation où quelque 300 postes de préposés doivent être comblés cette année alors que l’instance régionale n’a reçu qu’une quarantaine de postulants.

Fait à noter, le ministre a souligné que la situation n’est pas du tout similaire à celle d’une certaine époque où les régions éloignées étaient en pénurie sévère de médecins et spécialistes.

«On pourrait dire que les régions centrales ont importé une problématique historique des régions éloignées», a raconté le ministre.

«En région éloignée, pour toutes sortes de raisons — la formation qu’on y donne, l’emploi à la clé — ça semble bien fonctionner. On a plus de problèmes aujourd’hui dans les régions métropolitaines.»

Depuis la semaine dernière, les syndicats représentant les préposés font à leur tour état d’une multiplication de cas d’épuisement au travail et même de l’imposition de temps supplémentaire obligatoire, une réalité jusqu’ici inexistante dans ce corps de métier.

«Si on doit en faire plus on en fera plus, mais encore faut-il qu’on s’assoie et qu’on dégage des façons de faire», a dit le ministre Barrette, affirmant avec fermeté qu’il entend résoudre le problème.

D’ici à ce qu’il s’y attaque de front, il a invité les citoyens à profiter du besoin de main-d’oeuvre, rappelant que la formation de préposé est subventionnée et que l’emploi y est pratiquement assuré.

Infirmières: rencontre imminente

Gaétan Barrette a également souligné que le manque de préposés a une influence directe sur la charge de travail des infirmières.

«Dans un département où il y a cinq infirmières, quatre préposés et deux infirmières auxiliaires, s’il manque trois préposés sur quatre, le travail doit se faire quand même. Qui par ricochet reçoit la surcharge? Ce sont les autres qui sont sur place», a illustré le ministre.

Dans le cas des infirmières, le ministre a confirmé qu’il aurait une rencontre avec le principal syndicat les représentant, la Fédération interprofessionnelle de la santé (FIQ), «tôt cette semaine».

M. Barrette a tout fait pour adopter un ton conciliant, répétant à maintes reprises qu’il était d’accord avec le syndicat sur le fait que le temps supplémentaire obligatoire est «un fléau».

Il a fait valoir qu’il avait répondu à la principale demande des infirmières, soit d’afficher davantage de postes à temps plein. Cependant, non seulement ceux-ci tardent-ils à être comblés, mais avec le manque d’infirmières auxiliaires et de préposés, les infirmières écopent «par ricochet».

Gaétan Barrette affirme toutefois ne pas détenir les clés de la solution puisque, selon lui, toute résolution «passe par la négociation locale».

«Je ne peux, moi, même sur le plan légal, intervenir là dedans. Ce sont des négociations locales parce qu’elles sont inscrites dans la convention collective.»

Par contre, il s’engage à tenir avec les infirmières «un dialogue le plus ouvert possible et le plus constructif possible pour résoudre un enjeu dont je ne conteste pas la nature, ni la portée négative parce que, oui, le temps supplémentaire obligatoire c’est un fléau», a-t-il répété.

Selon le ministre, le problème sur le terrain est le résultat d’une combinaison d’éléments dont, d’une part, le temps supplémentaire obligatoire, mais aussi le nombre de quarts de travail où les absentes ne sont pas remplacées.

Gaétan Barrette soutient d’ailleurs que le temps supplémentaire obligatoire est un phénomène «très marginal». Selon lui, le temps supplémentaire représente environ 5 pour cent seulement de tout le temps travaillé dans le réseau et le temps supplémentaire obligatoire représente environ 5 ou 6 pour cent de ce 5 pour cent.

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