OTTAWA — Presque une semaine après s’être résigné à tenir une enquête sur l’affaire Rick Dykstra, le chef conservateur Andrew Scheer a admis, mardi, que celle-ci n’est pas encore commencée. Pendant ce temps, son homologue néo-démocrate annonçait le début de l’enquête visant un des siens.

«On travaille sur le « framework » et on cherche une personne ou une compagnie qui a l’expertise dans ces (affaires)», a répondu M. Scheer aux questions des journalistes.

En 2015, l’ancien premier ministre Stephen Harper a décidé de permettre à M. Dykstra de se présenter comme candidat, même s’il était au courant des allégations d’agression sexuelle formulées par une employée du Parlement à l’encontre du député sortant. M. Dykstra nie ces allégations. M. Harper, le week-end dernier, a déclaré publiquement qu’il a pris sa décision parce qu’aucune accusation criminelle n’avait été portée contre le député.

Mardi, dans le foyer des Communes, M. Scheer a refusé de commenter la déclaration de son prédécesseur. «Je vais être patient (et attendre) la conclusion de l’enquête», a-t-il répété à quelques reprises après avoir admis que cette enquête n’existe pas encore. Il s’est également servi de cette enquête pour éviter de dire si les personnes impliquées dans l’affaire Dykstra sont encore bienvenues dans le parti qu’il dirige maintenant, répétant qu’il attend «que le rapport (de l’enquête) vienne à moi».

Sa députée Michelle Rempel, invitée elle aussi à commenter l’admission publique de M. Harper, a renvoyé les journalistes à ses propres déclarations de la semaine dernière, alors qu’elle avait attaqué, dans un discours enflammé, ceux qui avaient géré l’affaire en 2015. «Certainement que les déclarations que j’ai faites concernaient quiconque était impliqué dans cette situation», a-t-elle lâché.

«Les médias rapportent que des gens influents ont discuté de questions de sémantique, se demandant si un geste devait être posé dans notre milieu de travail, puisqu’il n’y a pas eu d’accusations criminelles. Ils devraient avoir honte et ils ne devraient avoir aucun rôle, ni aucune influence, dans ce parti politique, ni dans aucun autre parti», avait-elle lancé en début de semaine dernière, qualifiant les détails révélés par le magazine MacLean’s de «dégoûtants».

Mme Rempel n’a pas voulu préciser si elle se doutait du rôle joué par son ancien chef au moment où elle prononçait ces mots.

Les troupes conservatrices ne s’entendent manifestement pas sur la gestion de cette affaire par M. Harper. Lundi, l’ex-ministre Ed Fast disait que M. Harper avait pris une décision «conforme à l’État de droit» et «dans le meilleur intérêt des Canadiens».

Dans un tout autre registre

Le Nouveau Parti démocratique (NPD) a pour sa part trouvé son enquêteur pour examiner le cas d’Erin Weir.

Michelle Flaherty, professeure de droit à l’Université d’Ottawa et membre du Tribunal ontarien des droits de la personne, débutera son enquête «immédiatement».

«Une fois que le travail de l’enquêteuse sera terminé, le rôle du député au sein du caucus sera réévalué», a fait savoir, dans une déclaration écrite, la chef de cabinet du NPD, Willy Blomme.

Jeudi, le chef néo-démocrate Jagmeet Singh révélait qu’un courriel envoyé à tous ses députés dénonçait certains comportements du député Weir. Ce dernier perdait donc sa place dans un comité parlementaire et tout rôle de porte-parole, en attendant la conclusion d’une enquête interne.

Christine Moore, l’élue néo-démocrate d’Abitibi-Témiscamingue, avait écrit dans ce courriel qu’elle s’inquiétait du comportement harcelant que M. Weir aurait eu envers des femmes. Des employées se seraient confiées à elle.

Il n’est pas clair si elle a été témoin de quoi que ce soit. Et personne n’a qualifié la nature des comportements qu’elle attribue à M. Weir. Ce dernier assure qu’il n’a rien à se reprocher.

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