TORONTO — Disons que c’est la version à quatre pattes d’Équipe Canada.

Plus d’une centaine de chiens défendront les couleurs canadiennes cette semaine dans le cadre de l’exposition canine Westminster organisée à New York par le Kennel Club. Il s’agit d’un des concours du genre les plus prestigieux de la planète.

On retrouve parmi les champions canadiens qui y seront Inuk, un Esquimau américain blanc comme neige originaire de l’Ontario qui est le meilleur de sa race au Canada depuis dix ans.

“Quand il entre dans l’arène, c’est comme (s’il disait): Je suis ici, donc regardez-moi tout le monde”, a dit sa propriétaire Sharon Robertson.

Il s’agira de la dixième participation d’Inuk au concours de Westminster, où il a déjà remporté quelques titres.

Mme Robertson, qui participe à des concours avec des Esquimaux américains depuis 20 ans, assure qu’elle a su dès le premier jour qu’Inuk était un champion.

“Il faisait partie de ces chiens qu’on remarque en raison de leur attitude, on remarque — et je sais que ça paraît idiot — mais j’appelle ça, ’Ça’. C’est simplement une qualité qui fait qu’on remarque un seul chiot dans une portée de six. Et c’était Inuk”, a-t-elle expliqué.

Le concours de Westminster est le deuxième plus ancien événement sportif ininterrompu aux États-Unis, après le Derby du Kentucky, et les Canadiens ont toujours bien tiré leur épingle du jeu. Un chien canadien a remporté les grands honneurs — ce qu’on appelle “best in show”, en anglais — à six reprises au Madison Square Garden, le plus récent lauréat étant le beagle Miss P en 2015.

Le conducteur de Miss P, Will Alexander, sera de retour cette année pour présenter huit chiens originaires du Canada et des États-Unis.

“Pendant toute l’année, c’est ce qu’on attend, on veut que les chiens aient fière allure pour ce concours, a dit M. Alexander en se préparant de quitter sa résidence de Milton, en Ontario. Vous savez, Westminster c’est un peu les Olympiques des expositions canines.”

On retrouve aussi plusieurs Canadiens parmi les juges, et la Vancouvéroise Betty-Anne Stenmark aura l’honneur de présider lors de la grande finale. Mme Stenmark — qui est déménagée en Californie en 1975 après avoir rencontré son mari lors d’une exposition canine — deviendra le quatrième Canadien à officier dans cette catégorie, et la deuxième Canadienne.

Après plusieurs années comme exposante et éleveuse, en se spécialisant dans le Dandie Dinmont Terrier, elle s’est découvert un talent de juge dans les années 1970.

“J’ai vu ce juge travailler tellement mal (…) et je me suis dit, ’Je peux faire aussi bien que ça’”, raconte-t-elle en riant.

Mais ne s’improvise pas juge qui veut. On doit avoir élevé des chiens, produit des champions, jugé lors de concours de moindre importance et réussi des examens portant sur l’anatomie et les normes de chaque race.

Règle générale, elle s’intéressera à la génétique des participants lors du concours de Westminster.

“Quand on a deux chiens superbes devant soi, on se dit, ’C’est ce chien-là que j’aimerais avoir chez moi’, et c’est celui-là qu’on choisit. On juge simplement de la qualité du chien, et de ses capacités à se reproduire et à améliorer la race avec chaque portée”, dit Mme Stenmark.

De passer de quelque 2800 chiens à un seul qui soit meilleur que tous les autres n’a rien de simple. Mme Stenmark en sera à sa dixième présence comme juge au concours de Westminster, mais elle admet que le prix de “best in show” est imprévisible.

“À ce moment-là la compétition est phénoménale, et en tant que juge on voit ces sept chiens et on ne peut pas faire d’erreur — ce sont tous de bons chiens, a-t-elle dit. Ça devient davantage, qui est vraiment en forme ce jour-là? Qui semble vraiment vouloir gagner? Et on verra ce qui arrive.”

L’exposition canine Westminster se déroule lundi et mardi à New York. Le chien jugé “best in show” sera annoncé mardi avant 23h, heure locale.

Le grand gagnant ne remporte pas un sou, mais il aura droit à un beau bol tout neuf. Il pourra aussi envisager de lucratifs contrats de reproduction et obtiendra, évidemment, le droit de narguer les autres.

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