Archives Métro Nathalie Normandeau.

QUÉBEC — Les journalistes Louis Lacroix et Marie-Maude Denis n’auront finalement pas à témoigner dans le cadre du procès de l’ex-vice-première ministre du Québec Nathalie Normandeau, a tranché la Cour du Québec, lundi.

Le procès de Mme Normandeau, de Marc-Yvan Côté et de quatre coaccusés pour fraude et abus de confiance doit débuter le 9 avril prochain.

Ils ont été arrêtés par l’Unité permanente anticorruption (UPAC) en mars 2016 dans le cadre d’une enquête portant sur l’octroi de financement politique en échange de contrats publics.

Les avocats de la défense tentent de faire avorter le procès pour cause de délais déraisonnables et fuites médiatiques. Ces éléments empêchent la tenue d’un procès juste et équitable, selon eux.

Ils voulaient contraindre les journalistes Louis Lacroix, de Cogeco, et Marie-Maude Denis, de Radio-Canada, à dévoiler le nom des sources leur ayant transmis des informations provenant de l’UPAC, mais n’ont finalement pas réussi à convaincre le juge André Perreault du bien-fondé de leur démarche.

«Les requérants (…) n’ont pas démontré que l’intérêt de l’administration de la justice l’emporte sur l’intérêt public à préserver la confidentialité de la source journalistique», a noté le juge Perreault dans une décision étoffée de 35 pages.

Cette décision fait jurisprudence, s’est réjoui l’avocat des médias, Me Christian Leblanc, qui s’opposait à ce que les journalistes comparaissent en cour.

Il s’agit de la première fois dans l’histoire judiciaire canadienne que l’on applique la loi fédérale visant à protéger la confidentialité des sources journalistiques, adoptée en octobre dernier.

«Il y a toujours eu de la pression sur les journalistes pour révéler leurs sources, a-t-il déclaré en mêlée de presse au palais de justice de Québec. La bonne nouvelle c’est que maintenant, on a des instruments pour protéger ça.

«Voilà une première application qui est très encourageante», a-t-il ajouté.

Des critères tels que la liberté de la presse ont primé dans ce dossier, bien que l’identité des sources soit un renseignement «pertinent», selon le juge.

Les parties peuvent choisir de porter la décision en appel.

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