OTTAWA — La Gendarmerie royale du Canada (GRC) a parfois assuré aux sociétés d’assurances qu’elles ne seraient pas poursuivies pour avoir négocié avec des ravisseurs au nom des familles d’otages canadiens, a révélé un haut responsable du corps de police.

James Malizia, commissaire adjoint de la GRC, a déclaré devant un comité sénatorial, lundi, que l’objectif principal des policiers était la libération des otages sains et saufs.

Par conséquent, la GRC a écrit de soi-disant «lettres de soutien» aux entreprises privées aidant les familles, afin de les informer qu’elles ne feraient pas l’objet d’enquêtes criminelles pour avoir négocié avec des terroristes ou d’autres criminels.

M. Malizia a déclaré que la GRC tentait ainsi de «collaborer sur tous les plans» pour faciliter la libération des Canadiens retenus contre leur gré à l’étranger.

Depuis 2005, le gouvernement canadien a dû gérer plus de 20 cas de prises d’otages, dans des situations où une organisation terroriste avait revendiqué la responsabilité, ou dans les autres, lorsqu’un Canadien avait été enlevé dans une région où un groupe extrémiste sévit, a expliqué David Drake, directeur général, Sécurité et renseignement, chez Affaires mondiales Canada.

Le gouvernement canadien refuse depuis longtemps de verser des rançons aux kidnappeurs. M. Drake a dit aux sénateurs qu’il n’était pas au courant d’un seul cas dans lequel le gouvernement fédéral aurait payé directement ou indirectement une rançon.

Le gouvernement est ferme dans sa volonté de ne pas fournir aux terroristes les ressources dont ils ont besoin pour attaquer le Canada, ses alliés, ainsi que ses partenaires, a assuré M. Drake. Le versement de rançons motiverait les terroristes à enlever plus d’otages, ce qui pourrait menacer les Canadiens à l’étranger, a-t-il ajouté.

Les Canadiens John Ridsdel et Robert Hall ont été exécutés en 2016 après que les militants d’Abou Sayyaf aux Philippines eurent lancé un ultimatum pour recevoir une rançon.

Une décision de la famille

Les familles choisissent parfois de travailler avec des organisations ou des entrepreneurs privés pour collecter des fonds et entamer des négociations avec les ravisseurs, a souligné M. Malizia.

«Cette décision est leur décision. Nous ne conseillons pas une telle démarche, cependant. S’ils décident de travailler avec une agence, et s’ils décident de payer une rançon, c’est une démarche dans laquelle nous ne sommes pas impliqués», a-t-il expliqué.

La GRC continue toutefois de donner des conseils aux familles qui agissent comme négociatrices pour qu’elles puissent comprendre les risques, selon le commissaire adjoint.

Amanda Lindhout, une journaliste indépendante de Red Deer, en Alberta, avait été enlevée avec le photographe australien Nigel Brennan en Somalie, en août 2008. Après une captivité de 15 mois, ils avaient été libérés à la suite du paiement d’une rançon, en partie récoltée par la mère de Mme Lindhout.

La GRC a enquêté sur l’enlèvement pendant des années et arrêté un Somalien, Ali Omar Ader, en 2015. Il a été reconnu coupable de prise d’otages devant un tribunal d’Ottawa l’an dernier.

Sécurité du premier ministre

Le Canadien Joshua Boyle et sa femme américaine, Catlan Coleman, avaient aussi été enlevés en Afghanistan en 2012 par un groupe lié aux talibans. Le couple et leurs trois enfants ont été libérés par les troupes pakistanaises en octobre dernier après cinq ans de captivité. Il n’y a aucune indication selon laquelle une rançon aurait été payée.

M. Boyle fait maintenant face à plusieurs accusations relativement à des événements qui seraient survenus après sa libération, au Canada. Avant son arrestation, il avait été reçu par Justin Trudeau dans son bureau d’Ottawa, ce qui a soulevé des questions sur la sécurité entourant le premier ministre.

Bien que les témoins n’aient pas pu commenter des cas spécifiques, M. Malizia et Jeff Yaworski, du Service canadien du renseignement de sécurité, ont dit que toute information pertinente sur un individu qui rencontre le premier ministre était dévoilée à l’avance.

Aussi dans National :

Nous utilisons maintenant la plateforme de commentaires Facebook Comments sur notre site web. Grâce à celle-ci, vous pourrez laisser vos commentaires par l’entremise de votre compte Facebook directement sous les articles sur notre site web. Pour ceux qui ne sont pas membres du réseau social, nous vous invitons à faire vos commentaires via l’adresse courriel opinions@journalmetro.com. Merci de nous lire!