Andrew Vaughan Andrew Vaughan / La Presse Canadienne

MONCTON, N.-B. — La famille d’une Autochtone retrouvée morte en 1977 après une mystérieuse disparition, dans l’Île-du-Prince-Édouard, souhaite que le monde sache que la vie de cette femme comptait, comme celle de toutes les femmes autochtones.

Barbara Bernard témoignait mercredi au deuxième jour des audiences au Nouveau-Brunswick de l’Enquête nationale sur les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées, à Moncton.

Mme Bernard, sa fille Deana et sa petite-fille Kindra sont venues témoigner de la vie de Mary Francis Paul, mais aussi, un peu, de sa mort, à Charlottetown en 1977. Car la famille sait peu de choses de ce qui s’est passé — elle ignore même si la police a mené une enquête.

Barbara Bernard a raconté que sa mère, résidante de Scotchfort, était alcoolique mais qu’elle rentrait toujours à la maison et s’occupait tant bien que mal de sa famille.

Après sa disparition, on lui a simplement dit que sa mère était tombée et qu’elle s’était brisé le cou. Mme Bernard n’avait que 16 ans à l’époque, et la police n’a pas donné plus de détails — comme le fait que le corps avait été découvert dans une poubelle de métal.

Barbara Bernard a réalisé 12 ans plus tard qu’il pouvait s’agir d’un meurtre. Aujourd’hui âgée de 57 ans, elle aimerait bien que l’on réponde à certaines de ses questions qui la hantent depuis ce temps.

«Peut-être qu’ils ont enquêté, peut-être pas: j’aimerais en être certaine», a-t-elle dit mercredi à la commission, en essuyant des larmes. «Le principal, c’est de savoir s’il s’agit d’une mort suspecte: a-t-elle été assassinée? J’ai eu l’impression que pour eux, la vie de ma mère ne valait rien, et ça me fait mal. Je pense que c’est ce qui m’a décidée à venir ici aujourd’hui et à raconter mon histoire, parce que la vie de maman, ce n’est pas rien.»

La commission devait entendre au moins 35 témoignages pendant ces deux jours d’audiences à Moncton, notamment ceux d’un groupe de jeunes mercredi après-midi. L’Enquête nationale se rendra ensuite à Rankin Inlet, au Nunavut, du 20 au 22 février. Plus de 700 personnes sont venues raconter leur histoire depuis septembre 2016.

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