Josie Desmarais Hydro-Québec

MONTRÉAL — Hydro-Québec aura l’occasion de sauver son contrat d’exportation pouvant générer des revenus de 10 milliards $ avec le Massachusetts advenant que son projet de ligne de transport Northern Pass ne soit pas retenu par cet État de la Nouvelle-Angleterre.

Sa proposition d’interconnexion New England Clean Energy Connect, qui serait réalisée avec la société Central Maine Power, filiale d’Avangrid, a été retenue comme option de rechange vendredi par le département de l’Énergie et des Affaires environnementales du Massachusetts.

«L’administration (…) est satisfaite de cette annonce, qui permettra de faire un pas de plus afin de sécuriser le plus important approvisionnement en énergie renouvelable de l’histoire du Massachusetts», a indiqué le directeur des communications du département des Ressources naturelles de l’État, Peter Lorenz.

Les négociations conditionnelles entourant le New England Clean Energy Connect débuteront en parallèle des pourparlers qui se poursuivront entre le Massachusetts et les promoteurs du Northern Pass — Hydro-Québec et son partenaire américain Eversource.

Toutefois, le département de l’Énergie et des Affaires environnementales fixe au 27 mars l’échéancier dans le dossier du Northern Pass.

Le New England Clean Energy Connect, évalué à environ 950 millions $ US aux États-Unis et dont la mise en service est prévue en 2022, nécessiterait la construction d’une ligne de transport au Québec jusqu’à la frontière avec le Maine.

Le tracé de 233 kilomètres en sol américain emprunterait le sud du New Hampshire pour rejoindre le Massachusetts. Au Québec, rien n’a encore été déterminé de ce côté.

«Nous avions toujours été confiants, mais à la lumière des événements des dernières semaines, cela a démontré qu’il peut y avoir un certain risque avec les grands projets d’infrastructure», a commenté une porte-parole d’Hydro-Québec, Lynn St-Laurent.

Deux dossiers

Depuis la sélection du Northern Pass à la fin janvier, on ignorait quel projet occupait le deuxième rang du classement final du Massachusetts parmi les 46 déposés dans le cadre de l’appel de propositions.

«Nos demandes pour obtenir le permis fédéral et celui de l’État progressent avec l’appui des communautés du Maine», s’est félicité le président et chef de la direction de la Central Maine Power, Doug Herling.

Selon Mme St-Laurent, tout comme le Northern Pass, le New England Clean Energy Connect a été en mesure de se démarquer en proposant notamment de «l’énergie propre» ainsi qu’une «sécurité d’alimentation».

La société d’État compte lancer la phase d’avant-projet, qui comprend la consultation du public, à partir du printemps, afin de déterminer le tracé et le coût de construction de la ligne de transport en sol québécois.

Hydro-Québec misait sur le Northern Pass, qui devait coûter 680 millions $ pour la portion québécoise et 1,6 milliard $ US au sud de la frontière, pour acheminer au Massachusetts annuellement 9,45 térawattheures pendant 20 ans à compter de 2020.

Aux États-Unis, la ligne de transport, qui doit contourner la région des montagnes Blanches, avait déjà obtenu des permis de la part du département de l’Énergie et du U.S. Forest Service. Pour aller de l’avant en sol américain, le projet devait obtenir le feu vert de la Commission d’examen du site au New Hampshire (SEC), qui a refusé de lui octroyer une autorisation essentielle à sa réalisation.

Toujours en appel

Eversource a déjà manifesté son intention de porter la décision en appel et demander à l’organisme américain de reconsidérer sa décision, un processus qui pourrait s’étirer sur plusieurs mois.

Par voie de communiqué, l’entreprise américaine, qui aurait déjà injecté 250 millions $ dans le Northern Pass, a dit apprécier d’avoir la chance de plaider sa cause auprès de le SEC dans l’espoir de lui faire changer son fusil d’épaule.

«Nous estimons avoir de solides arguments pour demander à la SEC de réviser sa décision, a estimé Eversource. En continuant de négocier, nous allons déployer nos efforts pour tenter de convaincre la SEC.»

La troisième interconnexion proposée par Hydro-Québec l’an dernier était celle du New England Clean Power Link, qui doit passer sous le lac Champlain pour rejoindre le Vermont, dont la mise en service est prévue pour 2022.

Ce projet a déjà obtenu toutes les autorisations nécessaires aux États-Unis, mais on ignore toujours son tracé exact en territoire québécois. Le promoteur américain est la société TDI New England qui appartient à la banque américaine d’investissement Blackstone.

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