MONTRÉAL – Alors que les chefs se préparaient en vue des débats télédiffusés des prochains jours, leurs lieutenants en ont profité pour prendre la parole.

Le premier débat opposant le libéral Jean Charest, la péquiste Pauline Marois, le caquiste François Legault et la solidaire Françoise David, s’est mis en branle à compter de 20 h, dimanche, sur les ondes de Radio-Canada et de Télé-Québec.

À compter de lundi, sur les ondes de TVA, MM. Charest et Legault, ainsi que Mme Marois, s’affronteront à tour de rôle, au cours de trois duels à deux.

Les principaux responsables libéraux en matière de finances publiques, Raymond Bachand et Alain Paquet, ont attaqué l’absence de cadre financier chez le Parti québécois.

Selon M. Bachand, l’omission de chiffrer ses promesses électorales et ses dépenses avant les joutes oratoires télévisées est un manque de transparence et est irrespectueux pour les Québécois.

Mais le porte-parole péquiste en matière de finances publiques, Nicolas Marceau, a défendu la position de son parti à ce sujet.

«Dans le passé, les partis attendaient la fin de la campagne pour dévoiler leur cadre financier. Notre plan de match est de procéder de cette façon: présenter l’ensemble de nos engagements qui ont des impacts financiers et à la fin, de faire la somme et de présenter un cadre qui permet aux gens de constater qu’il y a équilibre.»

Les deux hommes se livrent une escarmouche de chiffres. Si M. Marceau maintient que la somme des engagements électoraux du Parti québécois ne dépassera pas le milliard de dollars, son adversaire estime que l’ensemble des promesses péquistes s’élèvera à 3,6 milliards $.

M. Bachand accuse le PQ de vouloir faire le choix de taxer davantage l’épargne des Québécois et les investisseurs, tout en promettant des choses irréalistes au niveau des redevances sur les ressources naturelles.

Les squelettes

Jacques Duchesneau a repris le devant de la scène caquiste en disant s’attendre à ce que ses adversaires politiques aient bien fouillé dans les placards pour tenter de déstabiliser son chef au cours des débats télévisés.

Interrogé à savoir s’il ne craignait pas que les autres aient été incités à ouvrir tous les placards du chef caquiste pour y trouver des squelettes, justement parce qu’il clame haut et fort avoir les mains propres, M. Duchesneau n’a pas hésité.

«Mais oui. Ça, faut s’y attendre. Soyez assurés, justement que parce la lutte à la corruption c’est l’enjeu, ou l’un des enjeux principaux de la campagne, on va tenter de trouver des lapins jusqu’à la fin.»

Selon lui, une telle tactique pourrait se retourner contre ceux qui l’adopteraient. Les citoyens sont las des «pseudo-scandales» et des tentatives des partis de faire «dérailler la vérité». Les Québécois sont plus préoccupés par les vrais enjeux de la campagne, croit-il.

Celui qui était le leader parlementaire de la Coalition avenir Québec, Gérard Deltell, croit que les débats seront l’occasion de mettre encore plus son parti en valeur.

«C’est une belle occasion de démontrer que lorsque les adversaires nous attaquent, on est capables de répondre», a-t-il lancé, souriant mais l’air combatif.

Schiste alors

Le coporte-parole de Québec Solidaire, Amir Khadir, a indiqué que l’arrivée au pouvoir de son pouvoir signifierait la fin de la fracturation hydraulique pour trouver du gaz de schiste.

Le parti a l’intention d’interdire toute forme de fracturation hydraulique au Québec, exhortant du même coup les autres partis politiques à y renoncer définitivement.

Le procédé, aussi connu sous le nom de «fracking», représente trop de risques pour la santé et l’environnement en plus de détruire des territoires agricoles, selon M. Khadir, également candidat dans Mercier.

Avec l’interdiction de la fracturation viendrait le retrait des permis d’exploitation déjà accordés, mais cette éventualité ne semble pas énerver M. Khadir outre mesure.

«Ben, on aurait juste à s’excuser», a-t-il répondu lorsque La Presse Canadienne l’a questionné à ce sujet.

Il a également rappelé le désir de son parti de mettre fin à la dépendance aux énergies fossiles pour plutôt tirer profit d’un éventail de ressources énergétiques, à savoir les énergies éolienne et solaire, mais également la biomasse et le géothermique.

«Le principe, dit-il, c’est la diversité.»

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