Graham Hughes/La Presse canadienne François Legault, Jean Charest, Pauline Marois et Françoise David avant le débat du 19 août.

MONTRÉAL – Les Québécois doivent une fière chandelle à Françoise David, qui a forcé Pauline Marois à clarifier ses positions sur la tenue d’un référendum dans le cadre du débat des chefs, estime Jean Charest.

À l’issue de la joute oratoire, dimanche soir, le chef libéral a salué à quelques reprises la prestation de la présidente du parti Québec solidaire (QS), soutenant que la clarté de ses interventions sur la souveraineté avait contraint la chef péquiste à rétorquer que si elle le pouvait, elle ferait la souveraineté «demain matin».

«Elle a donné une performance qui rend service, dans la mesure où les Québécois savent plus clairement, grâce à ses interventions, ce que madame Marois prépare», a-t-il affirmé.

Françoise David s’est elle-même dite «pas mal contente» de sa soirée, déplorant au passage le fait qu’il n’ait pas été assez question d’éducation, un terrain sur lequel les autres partis avaient peut-être peur de s’aventurer, a-t-elle suggéré.

Lorsqu’on lui a fait remarquer qu’elle n’avait pas épargné Pauline Marois, avec qui elle partage une allégeance souverainiste, la candidate de Gouin en a rajouté, en quelque sorte, en accusant son adversaire de faire une promotion nébuleuse de sa démarche référendaire.

«Je ne pense pas avoir échangé plus durement avec Mme Marois (…) Par rapport à la souveraineté, je considère qu’on est encore devant une démarche très floue. C’était juste ça que je voulais, c’était que Mme Marois clarifie sa pensée. Ça, ce n’est pas très satisfaisant pour moi, je ne pense pas avoir obtenu les réponses que je voulais.»

De son côté, Pauline Marois a balayé du revers de la main la tentative de Jean Charest d’attaquer son intégrité et celle de sa formation politique en évoquant le rapport Moisan, paru il y a quelques années, lequel avait mis en cause le financement du Parti québécois.

«Il a essayé (de semer un doute dans l’esprit des électeurs), mais il a dit des choses qui n’étaient pas justes, et c’est pour ça que j’ai dit que c’était faux», a-t-elle déclaré quelques minutes après avoir quitté le plateau.

Pendant le débat, le chef libéral s’est engagé à publier sur le site Internet de son parti le rapport Moisan, ce qui a été fait dans les heures ayant suivi le débat. Le document de 22 pages, qui est daté du 12 juin 2006, est déjà en ligne.

François Legault, qui en était aussi à son premier débat des chefs, a admis qu’il était nerveux et que certaines interventions lui avaient semblé «rudes».

Il s’est dit déçu du fait que Jean Charest ait tenté de le dépeindre comme une personne à qui on ne peut faire confiance. «C’est un peu spécial de se faire dire qu’on n’est pas fiable alors que le roi, le champion, de la non-fiabilité, c’est monsieur Charest», a-t-il commenté.

Mais pendant le débat, son ancienne compagne d’armes, Pauline Marois, ne l’a pas ménagé non plus. À de nombreuses reprises au courant de la soirée, le ton a monté entre les deux anciens collègues.

Devant les journalistes, François Legault a plaidé que la chef péquiste s’était «défilée» en refusant de préciser son plan d’attaque en ce qui concerne la tenue d’un éventuel référendum sur la souveraineté.

«Je pense qu’elle doit la vérité à la population. Vous l’avez vu comme moi, elle n’a pas été capable de répondre à ma question: ‘Est-ce que c’est vous ou les militants qui vont décider de la date du référendum?’», a dit M. Legault.

À deux reprises, au courant de la soirée, Mme Marois a tenté d’amener son adversaire du Parti libéral à dénoncer le comportement de son ancien ministre de la Famille, Tony Tomassi, sur qui pèsent des accusations criminelles, mais sans succès.

Elle n’a pas réussi non plus à obtenir une condamnation des propos du maire de Saguenay, Jean Tremblay, qui a tenu des commentaires jugés xénophobes à l’endroit de la candidate péquiste dans Trois-Rivières, Djemila Benhabib.

Jean Charest s’est finalement résigné à le faire du bout des lèvres lors du point de presse. Il a ainsi plaidé qu’il n’était «pas d’accord avec ce que M. Tremblay a dit» puisque ses commentaires étaient en contradiction avec les valeurs du Parti libéral du Québec.

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