Josie Desmarais/Métro

Le Conseil d’éthique de l’industrie québécoise des boissons alcooliques décrie vivement les boissons de marque Four Loko et FckdUp dans son rapport annuel publié lundi.

«On peut qualifier 2017 d’année Four Loko et FckdUp, ces deux produits qui se sont tristement illustrés par le nombre de jeunes consommateurs, souvent mineurs, qui ont abouti dans les urgences des hôpitaux», résume le président du Conseil d’éthique, Claude Béland.

Six plaintes ont d’ailleurs été transmises au Conseil sur ces deux boissons à base de malt qui affichent 11,9% d’alcool, soit le maximum qui est permis par la loi pour la vente en dépanneur et épicerie. «Des plaintes ont été déposées relativement à l’intoxication de jeunes, car le produit, la quantité de sucre et les additifs qu’il contient camouflent à la fois le goût et l’effet de l’alcool. Une seule canette contient l’équivalent de quatre verres standard d’alcool et de 65 g de sucre», est-il écrit dans le rapport à propos de la Four Loko.

Ce produit a d’ailleurs été retiré des tablettes en cours d’année, car il ne respectait pas les normes de Régie des alcools des courses et des jeux (RACJ), étant fabriqué à base d’alcool distillé plutôt qu’à base de malt. «Malgré cela, son distributeur a invité les dépanneurs et épiciers à ne pas respecter l’ordonnance de la RACJ, ce qui en dit long sur son sens des responsabilités sociales», dénonce le Conseil d’éthique.

La boisson FckdUp est tout aussi décriée. «Tout ce qui est dit de la Four Loko s’applique à sa concurrente bien québécoise, FckdUp, mais qui contient en plus du guarana, un stimulant naturel qui a été interdit aux États-Unis», est-il souligné.

La compagnie Phusion Projects, qui est créateur de la Four Loko, défend de son côté que les deux boissons ne peuvent pas être mises sur un pied d’égalité, puisque leur produit ne contient pas de stimulants.

Le Conseil d’éthique dénonce la mise en marché autour de l’abus d’alcool, notamment la publicité de lancement de FckdUp sur une chanson du groupe Les Anticipateurs. «Un membre du groupe affirme : “Tu peux boire toute la soirée et tu es ben fucked up” et des filles en tenue plus que légère, dont des vedettes de la téléréalité Barmaids, se dandinaient au rythme de la musique, un sexisme que l’on croyait d’un autre âge», déplore le Conseil, qui soutient que tout dans ces boissons est «en totale contradiction avec les dispositions du code d’éthique».

Au total, le Conseil d’éthique de l’industrie québécoise des boissons alcooliques a traité 20 plaintes en 2017, soit près du double de l’année précédente, durant laquelle 11 plaintes avaient été reçues.

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