OTTAWA — La principale nouveauté en matière d’environnement dans le budget fédéral est la création d’un Fonds de la nature destiné à protéger les écosystèmes sensibles, à élargir la protection des espèces et à aider les groupes autochtones à jouer un rôle dans les efforts de conservation.

Le gouvernement libéral prévoit dans son budget déposé mardi des centaines de millions de dollars dédiés à l’achat et à la protection de terres privées et à d’autres efforts de conservation.

Le financement reflète l’engagement du gouvernement à protéger au moins 17 pour cent des terres canadiennes et des eaux intérieures d’ici 2020, incluant les territoires des oiseaux migrateurs.

Le budget du ministre des Finances Bill Morneau prévoit 500 millions $ pour le nouveau Fonds de la nature. L’initiative devrait permettre de solliciter des investissements supplémentaires de 500 millions $ auprès du secteur privé et des autres ordres de gouvernement.

«Le Canada est un des plus beaux endroits sur Terre. C’est à nous de le garder ainsi», a dit M. Morneau dans son discours à la Chambre des communes.

Le financement de ce Fonds de la nature provient d’un investissement plus large de 1,3 milliard $ sur cinq ans que le budget décrit comme «l’un des investissements les plus significatifs pour la conservation de la nature de l’histoire du Canada».

Valérie Courtois, directrice de l’Indigenous Leadership Initiative, est encouragée par le fait que le Canada inclue maintenant les Premières Nations dans la création et la gestion des zones protégées. Elle a souligné le rôle qu’ont joué les gouvernements autochtones dans la création de plusieurs secteurs protégés, notamment en Colombie-Britannique et au Labrador.

Steve Cornish, qui dirige la Fondation David Suzuki, estime que ces fonds étaient nécessaires pour s’attaquer à la crise de la biodiversité au Canada.

«C’est bien de voir de l’argent pour des zones protégées et des espèces à risque. Ce budget reconnaît que la nature est une partie importante de l’identité canadienne», a-t-il déclaré.

Si le gouvernement a reçu des félicitations pour le volet conservation, il a suscité les critiques de certains qui s’inquiètent de l’absence de fonds pour combattre les changements climatiques.

«Il est inquiétant que le gouvernement ne propose pas de nouvelles mesures importantes pour briser notre dépendance aux combustibles fossiles et accélérer la transition vers des emplois verts et une économie basée sur les énergies renouvelables», a déclaré Patrick Bonin, responsable de la campagne sur le climat et l’énergie chez Greenpeace Canada.

«Notons que la plupart des pays du G7 ont déjà amorcé ou complété une revue de leurs subventions aux énergies fossiles. Le Canada, quant à lui, tarde toujours à publier la liste des subventions existantes et la feuille de route pour les éliminer d’ici 2025», a renchéri l’organisme Équiterre dans un communiqué.

Le budget fait toutefois référence à la volonté du gouvernement fédéral d’établir une tarification du carbone, qui sera imposée aux provinces et territoires qui n’auront pas établi de système équivalent d’ici la fin de l’année.

Tout l’argent provenant de cette taxe fédérale sur le carbone sera redistribué à la province ou au territoire qui l’aura perçu. Le budget prévoit 109 millions $ sur cinq ans pour aider Environnement Canada et l’Agence du revenu du Canada à mettre en application cet engagement.

Le budget propose aussi de prolonger les avantages fiscaux actuels pour la production et l’utilisation d’énergie propre — des mesures dont l’échéance est prévue en 2020.

Une autre tranche de 167 millions $ sur cinq ans sera consacrée à la recherche et à la protection des espèces de baleines menacées, dont les baleines noires de l’Atlantique Nord et les bélugas de l’estuaire du Saint-Laurent.

«Les baleines sont essentielles à la santé des écosystèmes maritimes», peut-on lire dans le budget.

Selon la chef du Parti vert, Elizabeth May, il s’agit d’une initiative louable, mais malavisée.

«La réalité horrible de la conservation de la nature en 2018 est que, vous pouvez tracer une ligne quelque part, mais les espèces dans cette limite mourront quand même si le climat change au-dessus d’eux», a-t-elle soutenu.

«Si nous allons de l’avant avec des affaires comme l’oléoduc de Kinder Morgan et une augmentation du trafic de pétroliers, ce sera la fin de l’orque résidente du Sud», a-t-elle ajouté.

Les systèmes canadiens de prévisions météorologiques et d’avertissement de phénomènes météo extrêmes auront droit à un financement de 40 millions $ au cours des cinq prochaines années, dans le cadre des efforts du gouvernement pour préparer le pays à la hausse attendue des événements météorologiques violents provoqués par les changements climatiques.

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